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Le pari est énorme : traverser le pays de l’oncle Sam de New York à Los Angeles en trois mois – jusque-là rien d’extraordinaire ! –, ne rien prévoir d’autre que le temps de la traversée, et enfin ne se reposer sur les épaules que d’un seul homme pour tout filmer. Est-ce une blague ? Oui, Antoine de Maximy a bien décidé pour son premier film de s’en remettre au hasard des rencontres, tout en se filmant lui-même, sans l’aide d’un assistant. On peut dire que le concept est original en ces temps de méfiance et d’over-planification. L’idée n’est pas née pour le cinéma, mais tout droit tirée d’une série de documentaires diffusée sur le canal hertzien depuis 2004. Son investigateur était déjà Antoine, caméraman, présentateur et réalisateur. De France 5 à UGC, on peut se demander si le pas n’a pas dénaturé la démarche de l’émission de notre baroudeur. Caméra à l’épaule, il sillonnait alors le monde à la rencontre des autochtones et réussissait grâce à son bagou naturel à se faire offrir le gîte, le couvert ou simplement un bon café. Toujours le sourire aux lèvres, une blague à portée de main, comment ne pas l’aimer ce mec ? Tout le monde veut être son ami, à Maximy.
Le bonhomme se lance au cinéma, saute-t-il pour autant dans le vide — dans le gouffre commercial ? Que nenni ! Première scène : on est heureux de revoir le visage bien sympathique d’Antoine qui nous explique le projet de ce film. Rien ne change, on garde le même et on recommence avec le même humour, dans ces situations burlesques qu’on affectionne. On découvre certaines régions des Etats-Unis à travers le regard d’un homme authentique et curieux qui parcourt ce pays gigantesque les yeux grands ouverts et sans préjugés. La prise de risque est réelle et le spectateur en arrive même à avoir peur pour cet imprudent qui s’aventure parfois en terrain parfois hostile.
Pour finir, je dirais tout particulièrement à l’intention des anti-documentaires que pour le coup sous mes yeux s’est développée une vraie narration dont les rebondissements et les personnages sont dignes d’un scénario hollywoodien. On ne s’ennuie pas… Soutenu par une BO comprenant les classiques rock américains des années 70 remixés et choisis par Béatrice Ardisson, le film montre que même aux Etats-Unis, il existe des gens sympas et accueillants. En rentrant, j’ai décidé de ne pas prévoir mon itinéraire de vacances au Kenya… Il a sans doute raison, Maxime : « Quand rien n’est prévu, tout est possible… » (G.M.)
Un film d'Antoine de Maximy, avec Antoine de Maximy – Une distribution Walt Disney Studios Motion Pictures France
Site : www.jiraidormirchezvous.com

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