FLUX4 RADIO - la radio offshore

Dennis Wilson, Pacific Ocean Blue — Legacy Edition

thumb_flux4disc_denniswilson_carr.jpg

L’histoire des Beach Boys présente ceci d’infini qu’elle ne cesse de révéler les failles d’une fratrie abîmée. On connaissait par cœur les désarrois de l’aîné des trois frères Wilson, Brian ; on savait que derrière la disparition de Dennis en 1983 se cachait une autre forme de désespoir qui avait abouti à l’enregistrement d’un chef d’œuvre en 1977, Pacific Ocean Blue, dont les copies — tout comme le mythique Smile — ont longtemps circulé sous le manteau, sous la forme de pirates ou de fichiers mp3 mis à disposition par les heureux détenteurs d’un exemplaire vinyle, collector parmi les collectors. On ne supposait pas en revanche l’émotion contenue dans ce drôle de disque hors-temps, hors-espace. Dennis Wilson, le beau garçon qui a inspiré les ritournelles surf des débuts du groupe, celui qui a le plus profité du succès auprès des jeunes filles et de la jet-set californienne post-hippie naissante — quitte à se laisser embarquer dans des situations délicates, en accueillant Charles Manson chez lui — nous raconte avec force sa profonde solitude sur les plages infinies, avec une poignée de morceaux qui figurent parmi les plus beaux écrits au cours de la décennie, le sublime River Song qui ouvre l’album de manière magistrale, l’aérien Moonshine ou le subtil Thoughts Of You. La très belle réédition en double CD comprend de nombreux inédits, dont certains instrumentaux. Elle restitue pour la première fois ce qui reste du projet Bambu, un second enregistrement solo censé surpasser le précédent qui reste inachevé au moment où l’ex-batteur des Beach Boys, viré sans ménagement du groupe pour ses dérives personnelles, plonge une fois de trop dans les eaux glaciales de Marina Del Rey à Los Angeles, à la recherche de ses propres souvenirs. L’ironie du destin veut que cet ex-surfeur, véritable sex-symbol californien ’60s, meurt noyé. Une noyade qui s'aparente à une forme de suicide et qui en annonce une autre la décennie suivante, dans des conditions voisines, celle de Jeff Buckley. (E.A.)
Pacific Ocean Blue,  2CD Legacy Edition, Epic/SonyBMG

 

flux4disc_denniswilson.jpg

MGMT, Oracular Spectacular

thumb_mgmt_cov.jpg

La vie des disques est parfois étonnante. On croisait l’album de MGMT en import dans les bacs, il y a de cela quelque mois, sans que personne ne vienne perturber une quiétude qui aurait pu durer éternellement. Mais entre-temps, il s’est passé quelque chose d'étonnant qui fait que ce duo étrange se retrouve aujourd’hui au cœur des sollicitations les plus ferventes. Depuis, une édition française sortie chez Columbia — avec une pochette revue avec bonheur — est venue bousculer le malheureux pressage américain, un peu plus isolé dans son bac, ses nouveaux compagnons d’un instant allant et venant, se vendant par milliers. Il faut dire les gamins new yorkais, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, qui sont à l'origine de ce projet coloré, n’ont pas leur pareil pour comprimer l’espace-temps musical. Ils manifestent une capacité surprenante à alimenter des compositions décalées, ultra-référencées mais paradoxalement très personnelles. À mi-chemin entre le minimalisme art-disco de Suicide et les envolées psychédéliques de The Flaming Lips ou Mercury Rev — à qui ils empruntent le producteur Dave Fridmann — ou des meilleures formations mutantes, The Pretty Things, Roxy Music ou Sparks, ils ont déjà accédé au statut de groupe culte. (E.A.)

Oracular Spectacular, Columbia

Tindersticks, The Hungry Saw

thumb_chronidisc_tindersticks.jpg

C’est une constante chez les Tindersticks, chaque album entraîne une quasi-dislocation du groupe, et le précédent Waiting For The Moon n’a pas échappé à la règle. Il a fallu du temps pour reconstruire et contre toute attente, ce sont les projets solos, et notamment celui de Stuart Staples, le chanteur, qui a permis de fédérer à nouveau certains membres du groupe. Réunis à ses côtés lors de ses dernières prestations solos en 2007, le guitariste Neil Fraser et l’organiste David Boulter, sans qui les Tindersticks ne seraient rien, ont donné l’impulsion pour un enregistrement rapide à l’occasion de sessions fructueuses. Les contributions de Thomas Belhom, aux percussions, de Dan McKinna, à la basse, et d’Andy Nice au violoncelle, ont apporté une fraîcheur pop incontestable qui permet de situer cette nouvelle livraison de chansons superbement arrangées dans la lignée des grands disques du groupe. (E.A.)
The Hungry Saw, Beggars Banquet

Alain Bashung, Bleu Pétrole

thumb_chronidisc_bashung.jpg

Avec L’imprudence, Alain Bashung était allé au bout de sa réflexion intérieure. Pour Bleu Pétrole, son douzième album solo, le chanteur a ressenti le besoin de sortir et de s’ouvrir à nouveau à la pop. Avec la complicité de Gaëtan Roussel de Louise Attaque, auteur de cinq chansons, du producteur Mark Plati et des guitaristes Marc Ribot et Matt Ward, entre autres contributions d’exception, il délaisse les démarches souterraines au profit d’espaces country-folk aérés qu’on le supposait en capacité d’explorer. Il en résulte un album immédiat, à l’équilibre instable, mais à la vitalité délicieusement communicative. L’impression de plénitude est confirmée par les deux reprises du disque, une version de Suzanne de Leonard Cohen adaptée en français par Graeme Allwright et Il Voyage en Solitaire, le hit intemporel de Gérard Manset, par ailleurs auteur de deux chansons originales sur l’album, dont le sublime Comme un Lego. (E.A.)
Bleu Pétrole, Barclay   

Santogold

thumb_chronidisc1_santogold.jpg

Et si Santi White était la star de demain ? Depuis que cette chanteuse et productrice charismatique a décidé d’écrire pour elle et un peu moins pour les autres, Lily Allen ou Mark Ronson, le paysage musical en a été largement bouleversé. Avec une culture musicale immense, hip hop, dub, electro et new wave et un esprit d’aventure qui égale celui de Björk, elle invente les sons de demain. (E.A.)
Santogold, Lizard King

Kid Creole, Going Places, The August Darnell Years (1974-1983)

thumb_chronidisc2_kidcreole.jpg

Le label Strut s’intéresse au travail d’August Darnell dans les années 70, juste avant qu’il n’obtienne le succès qu’on sait avec Kid Creole. Une fois resituée dans le contexte créatif de l’époque, on mesure à partir d’une poignée de singles de disco mutante et autres raretés funky, son influence sur la décennie qui suivit et notamment celle qu’il a exercée sur un autre kid, celui de Minneapolis. (E.A.)
Going Places, The August Darnell Years (1974-1983), Strut

(Swell), South Of The Rain And Snow

thumb_chronidisc3_swell.jpg

Son groupe reste sans doute l’un des grands oublis de la décennie des années 90, mais David Freel n’a aujourd’hui que faire de l’histoire. Il poursuit seul son aventure au sein de Swell, écrit désormais (Swell) avec une mise entre parenthèses qui n’est que typographique, à en juger par la qualité mélodique de chansons folk, joliment produites, qui ne séduiront une fois de plus que ceux qui le voudront bien. (E.A.)
South Of The Rain And Snow, Talitres / Differ-Ant

Joanne Robertson, The Lighter

thumb_chronidisc4_joannerobertson.jpg

La vie de Joanne Robertson est faite de fuites en avant. Partie des États-Unis à Paris, puis à Glasgow, avant de retourner aux États-Unis, cette jeune femme ne tient pas en place. Sa première livraison de folk-songs semble affectée par cette instabilité constante. David Cunningham, l’ex-Flying Lizards, a su en tant que producteur tirer partie de cette fragilité apparente pour donner du corps à des compositions décharnées, envisagées chacune comme des entités visuelles. (E.A.)
The Lighter, Textiles / Differ-Ant

22-Pistepirkko, (Well You Know) Stuff Is Like We Yeah !

thumb_chronidisc5_22pistepirkko_.jpg

Il est des groupes cultes, ceux qui se déclarent comme tels et ceux qui le sont réellement. Le trio finlandais 22-Pistepirkko est culte à plus d’un titre. Tout d’abord, parce qu’il est ancien, mais l’ancienneté ne fait pas tout. Ensuite, parce qu’il est bon, mais la qualité ne fait pas tout. Enfin et surtout parce qu’il est fidèle à son propos garage ’60s élégant qu’il développe avec un sens certain du détachement, à destination d’une poignée de fans prêts à alimenter le réseau avec ferveur. (E.A.)
(Well You Know) Stuff Is Like We Yeah !, Bone Voyage / Differ-Ant

Sixteen Horsepower, Live March 2001

thumb_chronidisc6_sixteenhorsepower.jpg

On s’est beaucoup attaché à l’œuvre solo de David Eugene Edwards, sous le nom de Woven Hand. On en oublierait presque qu’il a été le leader d’un groupe particulièrement marquant, notamment en concert. Il ne manquait plus qu’un live pour resituer avec justesse l’énergie de Sixteen Horsepower qui, à l’égal du Gun Club ou des Bad Seeds, a su faire vibrer des milliers de fans à travers le monde par son propos extatique. (E.A.)
Live March 2001, Talitres / Glitterhouse

Seun Kuti + Fela’s Egypt 80, Many Things

chronidisc2_seunkuti.jpg

Chez les Yoruba, le plus jeune de la famille est digne d’un respect particulier. Seun Kuti, benjamin des trois fils reconnus de Fela, n’a nullement besoin de faire jouer la tradition pour s’imposer. L’étonnante maturité qu’affiche ce jeune homme de 25 ans le situe dans la lignée de son père illustre et de son grand frère Femi, donc prêt à reprendre le flambeau d’un afro-beat ravageur. (E.A.)
Many Things, Tôt ou Tard

ARCHIVES SONORES