FLUX4 RADIO - la radio offshore

Arielle Dombasle, Glamour à mort

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Elle a le don d’agacer tout le monde, et a décidé d’en faire son fond de commerce. La rencontre d’Arielle Dombasle avec Katerine et Gonzales pouvait éventuellement conduire au pire, et pourtant l’écriture surréelle et fantaisiste de l’un, la production électro-disco de l’autre, conduisent l’insaisissable Arielle très loin. Glamour sans nul doute, irrésistiblement sexy, surtout notamment quand elle libère sa part d’animalité et pratique l’amour À la Néanderthal. Drôle très souvent, poétique toujours, ce disque est une grande réussite qui, au-delà de la mauvaise blague de l’instant, pourrait inscrire quelques chansons au patrimoine des plus belles compositions en langue française. (E.A.)
Glamour à mort, Columbia


Une chronique publiée dans Zut ! #1

 

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Jeremy Jay, Slow Dance

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Avec Jeremy Jay, le charme opère d’emblée. Son premier album publié chez K Records avec la complicité de l’ex-Beat Happening Calvin Johnson nous avait séduit comme rarement un disque peut le faire. On y retrouvait à peu près tout ce qu’on aimait chez Brian Eno, Tom Verlaine ou les Feelies, avec une dose d’impertinence en plus. Slow Dance révèle un peu plus la dimension facétieuse que le jeune californien cache derrière le romantisme de façade. Avec un sens incroyable du déhanché, il s’autorise la touche disco parcimonieuse, un peu comme l’avaient fantasmé en leurs temps Suicide et Blondie. À l’égal des premiers Roxy Music ou du David Bowie de la trilogie berlinoise, ce fan d’Édith Piaf très attaché à la dimension visuelle des choses ré-invente – sans mimétisme aucun – le dandysme new wave, avec la même classe et sans doute le même impact. (E.A.)
Slow Dance, K Records / Differ-Ant


Lire la flux-interview ici


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Mister Soap and The Smiling Tomatoes, Hawaï EP

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La scène parisienne réserve son lot de surprises. À côté des groupes néo-’70s montés en épingle ici ou là, se cache une vraie perle, le quintet Mister Soap and The Smiling Tomatoes. Contrairement à certains de leurs devanciers, leur horizon musical ne s’arrête pas aux Libertines, mais ils vont chercher loin du côté de Chuck Berry de quoi alimenter des chansons d’apparence nonchalante. Si le modèle des Beatles reste inatteignable – selon leurs propres mots ! – leurs compositions revêtent des contours garage élégants qui les situent comme de vrais espoirs de la pop d’ici. (E.A.)
Hawaï EP, Bonus Track Records
(sortie digitale uniquement)

 

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Tim Exile, Listening Tree

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Après Iggy Pop et David Bowie, c’est au tour de Tim Shaw alias Exile de prendre ses quartiers à Berlin pour y éprouver nos dernières certitudes musicales. Très tôt, ce diplômé de philosophie a délaissé le violon et les chorales pour s’adonner aux sons électro-acoustiques. Avec les machines qu’il fabrique lui-même, il manifeste un sens de la déconstruction qui rapproche sa démarche sans concessions de celle de certains esthètes, dont Aphex Twin, et dessine ainsi les contours des figures sonores de demain. Sans conteste, Tim Exile est l’un des artistes de 2009. (E.A.)
Listening Tree, Warp / Discograph

Alela Diane, To Be Still

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Le succès inattendu d’Alela Diane nous situe dans notre temps. Le temps d’une fausse insouciance semble derrière nous. Du coup, la jeune américaine porte la somme de nos nouvelles espérances. Imperturbable, elle fait fi de ce fardeau qu’on lui fait porter malgré elle. Ses folk-songs restent légères ; tout au plus la ravissante chanteuse de Nevada City souhaite-t-elle les inscrire différemment sur ce deuxième album avec une orchestration plus aérienne encore, pour de nombreux instants de grâce et une émotion quasi-constante. (E.A.)
To Be Still, Fargo

DM Stith, Heavy Ghost

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Il a toujours baigné dans la musique, mais ce graphiste émérite ne se destinait pas forcément à la composition. C’est son amie Shara Worden de My Brightest Diamond qui l’a encouragé à poursuivre un travail d’écriture entamé sans prétention à la maison. Elle a su percevoir le potentiel pop de comptines lumineuses qui doivent autant à Randy Newman qu’à Danny Elfman, le compositeur de Tim Burton. À l’inspiration de ses deux génies, le jeune homme soigne des arrangements qui élèvent ses chansons à un haut niveau de spiritualité. (E.A.)
Heavy Ghost, Asthmattic Kitty / Differ-Ant

 

Matt Elliott, Howling Songs

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Avec Howling Songs, Matt Elliott nous livre le dernier volet de la trilogie qu'il avait entamée avec Drinking songs et Failing songs. Au cours des dernières années, l'autodidacte originaire de Bristol, qui vit aujourd'hui en France, s'est détaché des compositions expérimentales et drum'n'bass de The Third Eye Foundation qui ont fait sa renommée.
Dans la lignée des deux précédents albums, c'est à travers une instrumentation traditionnelle qu'il a choisi de mettre en avant ses qualités de compositeur et d'interprète solo, flirtant tantôt avec Tom Waits (Something about the Ghosts, Berlin and Bisenthal), tantôt avec Nick Cave .
Entre les accompagnements au violon à la mélancolie balkanique et les accès de fureur hispanique portés par les cordes, se dessine une musique pleine de réflexion et d'introspection. En ouverture, The Kübler Ross Model, donne le ton par son allusion directe à la psychiatre américaine qui a décrit les cinq phases du deuil. Avec sa voix pour seule arme, Matt Elliott nous entraîne avec lui sur les routes abandonnées d'un monde de désolation, de fantômes et d'inquiétude. Jusqu'à la dernière phase: l'acceptation.
Les mélodies sont épurées, et contrairement aux deux précédents opus, la voix est pleinement assumée. Matt Elliott poursuit son exploration d'une musique folk enrichie de sonorités tziganes ; il affirme d'ailleurs préférer se tourner vers l'Est plutôt que vers l'Amérique, qu'il décrit culturellement "comme un enfant de 12 ans qui crie et qui hurle, mais qui ne s'exprime pas vraiment. L'Europe, elle, s'attache à conserver une culture vivante, loin du capitalisme occidental moderne".
Il clôt d'ailleurs l'album avec le pessimiste Bomb at the Stock Exchange, dont le titre fait référence à l'attentat du 16 septembre 1920 à New York, et conclut avec cynisme: “If you’ll top yourself anyway / Why not bomb the Stock Exchange?”. La rage intérieure qu'il semble contenir affleure de temps à autre dans les tourbillons et les bourrasques instrumentales de A Broken Flamenco et Bomb at the Stock Exchange, comme pour céder la place à l'imagination. Matt Elliott confirme cette prédilection pour le bruit qu'il compare aux expériences de privation sensorielle: "devant un mur de bruit, on est comme face au silence absolu... les rêves et l'imagination se mettent en marche". Nul doute que cette digression solo, intimiste et personnelle, laissera sa trace dans l'oeuvre de Matt Elliott pour le prochain album de The Third Eye Foundation attendu courant 2009. (C.D.)

Howling Songs, Ici, D'Ailleurs / Differ-Ant


Site officiel de Matt Elliott : www.thirdeyefoundation.com

Charlie Winston, Like a Hobo

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C’est certainement l’une des révélations de ce début d’année. Charlie Winston a commencé par une apparition remarquée – et remarquable – dans Taratata où sa sensibilité et son immense talent sont apparus avant même la sortie de son album. On y apprend en plus que c’est Peter Gabriel qui produit l’album après que Charlie Winston a gardé sa fille lors d’une soirée ! Un teasing exceptionnel en somme. Quelques jours plus tard, voici enfin le disque dans les bacs et sans aller jusqu’au stade de merveille, il mérite amplement le qualificatif de «superbe album». On entre tambour battant dans un univers soul à grand renfort d’une ligne de basse imparable sur In Your Hands. Suit le tubissime Like a Hobo et son thème sifflé à la Ennio Morricone. Au troisième morceau, Kick the Bucket, on en arrive à se demander si on ne tient pas là le nouveau Keziah Jones, où si le Blue Funk n’a pas fait un nouvel adepte. Mais c’est le moment que choisit Charlie Winston pour prendre son auditeur à contre-pied et partir dans des compositions plus épurées, avec des mélodies plus léchées, plus douces aussi. Et l’Anglais sait y faire. Dans Tongue Tied, son talent de compositeur est évident et Winston étale sa créativité et son originalité sans pour autant sombrer dans la facilité ou le démonstratif. En tendant l’oreille, on entendra donc du Keziah Jones sur le début, du Tom Waits ou du Léonard Cohen sur le milieu, une ligne de cordes digne du Magical Mistery Tour des Beatles, une référence aux Red Hot Chili Peppers sur My life as a Duck (qui rappelle Pea), ou encore la soul enjouée d’Otis Redding. Et oui, tout ça dans le même album. Une seule chose à craindre : que ce disque reste son chef d’œuvre et que le star system l’oblige à se compromettre pour le deuxième opus. En attendant, ce Like a Hobo (comme un vagabond) s’impose comme une évidence. (S.R.)
Like a Hobo, Atmosphériques

NuBlues, Snow on the Tracks

Drôles de gaillards que les membres de NuBlues. A leur look, on les croirait tout droit sortis des quartiers chauds de Chicago, prêts à distiller un flow rageur et contestataire. Mais quand on insère la galette, on se rappelle alors que dans NuBlues, il y a « Blues ». Le premier riff de guitare est redoutable et plonge tout de suite dans une ambiance étonnante, électrique à souhait et portée par une production plus « urbaine ».
Le préfixe Nu caractérise depuis quelques années le principe de fusion musicale. Et le NuBlues du NuBlues, c’est pour l’instant le seul sur le créneau. Force est de constater que le mélange est efficace. Il séduira en tout cas les amateurs de blues à la recherche d’un nouveau son, d’un autre regard sur un genre qui avait bien besoin d’être dépoussiéré. Les NuBlues ont par ailleurs réussi à livrer un album plus abouti que le précédent, plus mature et plus sûr de sa force. Le son de la guitare rappellera Stevie Ray Vaughan par ci, les Allman Brothers par là (dans la teinte blues sudiste), le chant lorgne du côté de Bjorn Berge et on se délectera du clin d’œil appuyé à John Lee Hooker dans Howlin’ at Midnight. Avec des références pareil…
La puissance dégagée sur les premiers titres perd un peu de sa superbe sur Been Around et Fools God, mais NuBlues se reprend pour finir en beauté ce Snow on the Tracks qui mérite qu’on s’y attarde durablement. Un album qui s’adresse quand même davantage aux amateurs de blues qu’aux fans de hip-hop, même s’il prouve que la passerelle entre les deux mondes est tout à fait possible. Possible et réussie. (S.R.)

NuBlues, Snow on The Tracks / Dixiefrog

John & Jehn

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Un couple de Français, qui vit dans le nord de Londres et publie en toute discrétion un album présenté sous la forme d’un double maxi, ça intrigue forcément. Avec une face elle et une face lui, mais un propos commun qui lorgne du côté du post-punk anguleux de Mark E. Smith, sans occulter de sérieuses filiations folk et pop, Syd Barrett, Neil Young ou Tim Hardin, ils ne sont pas loin de s’imposer comme le duo du moment. À signaler que la superbe pochette en noir et blanc est l’œuvre de leur tatoueur. Il se dit que des fans ont déjà réclamé le tatouage correspondant sur le bras ou la fesse. (E.A.)
John & Jehn, Faculty Music


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Nicolas Comment, Est-ce l'Est ?

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Il est parfois rageant de devoir admettre le talent inouï des gens. Qu’il soit derrière un appareil photo ou une caméra, qu’il écrive des textes ou des chansons, Nicolas Comment excelle en tout. Il a suffi d’un contretemps à Berlin, piégé par une grève des aiguilleurs du ciel, pour qu’il conçoive durant son séjour prolongé dans la ville ce superbe CD-livre. La romance qu’il présente sous la forme d’une ballade photographique et musicale dans l’ex-Berlin Est est à regarder, lire et écouter indifféremment. Avec une émotion qui se prolonge durablement. (E.A.)
Est-ce l’Est ? (Berliner Romanze), CD-Livre Filigranes


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