FLUX4 RADIO - la radio offshore

Massive Attack, Heligoland

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« Austère, spartiate, simplifiée », c’est ainsi que Robert Del Naja, 3D pour les intimes, qualifie la dernière production de son groupe Massive Attack. Les deux premiers adjectifs étant la marque de fabrique du duo, inutile de revenir dessus, Heligoland est sombre, mystérieux et léger. Mais après 7 ans d’absence, il ne fallait surtout pas rater ce retour. L'orchestration est riche, envoûtante parfois, et les rythmes nous entraînent loin, notamment dans Splitting The Atom et Girls I love You avec Horace Andy. Damon Albarn, le chanteur de Blur et de Gorillaz, figure également dans la liste des invités de cet album très réussi. (N.B.)

Massive Attack, Heligoland – Virgin

Memory Tapes, Seek Magic

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Les cassettes sont-elles notre mémoire ? Il faut croire que celles de Dayve Hawk alias Memory Tapes, étrange producteur et remixeur de Philadelphie, renferment une partie de ce nous avions presque occulté des années 80 : derrière une electronica très élégante, ressurgissent des sonorités occultées, qui ont fait le charme de bon nombre de groupes aériens du début des années 80, ceux de la Factory bien sûr, mais aussi des Disques du Crépuscule, avec cette touche de disco blanche, bancale, si propre à ceux qui aimeraient s’engager dans la danse sans y parvenir. (E.A.)

Memory Tapes, Seek Magic – Discograph

Yeasayer, Odd Blood

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Décidément, la scène de Brooklyn nous livre aujourd’hui ses plus beaux fleurons. Nous attendions avec une certaine impatience le second album de Yeasayer, un quartet dont on avait pu apprécier en 2008, aussi bien sur scène que sur disque, l’étonnant esprit d’aventure. Dès la première écoute, Odd Blood confirme tout le bien qu’on pensait de la formation : tout en empruntant des voies plus pop, ce disque surprend par cette maîtrise d’une forme particulière de déstructuration, groovy et sexy, qui joue sur les accumulations vocales et rythmiques. On retrouve ici tout ce qui a fait l’essence de l’avant-garde des années 70, celle de Brian Eno notamment, avec cette recherche d’un son qui puise sa source dans l’électronique et les musiques du monde, tout en s’inscrivant dans la lignée des grands compositeurs contemporains américains, John Cage, Steve Reich et bien d'autres. Quoi qu’il en soit, ils viennent de placer la barre très haut, écartant en toute humilité toutes les tentatives psychédéliques récentes de la weird american scene. Leurs amis de MGMT, dont l’album Congratulations sort le 12 avril, doivent relever le challenge. La compétition – dans ce cas-là, on parlera d’émulation réciproque ! – est engagée. (E.A.)

Yeasayer, Odd Blood – Mute

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© Olivier Legras, Les Eurockéennes 2008.

Zeep, People & Things

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En expert, Gilles Peterson ne s’est pas trompé quand il a repéré ce duo londonien : qu’il juge cet album étonnamment rafraîchissant et fun ne présente rien de très surprenant. Il y a quelque chose d’irrésistible dans une approche pop qui puise dans un background de sons à l’échelle mondiale. Les tournées de la ravissante Nina Miranda et Chris Franck aux côtés de Tony Allen, Femi Kuti ou de Sly & Robbie ont dû confirmer les options initiales : une musique sans frontières, qui s’appuie sur des classiques – Ghost Town des Specials – pour inventer un genre nouveau qui leur est propre, pétillant et lumineux. (E.A.)

People & Things, Crammed

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My Girlfriend Is Better Than Yours, Foreplay EP

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Il a suffi d’une rencontre, de quelques échanges autour de La Maman et la Putain d’Eustache, de Brian Eno, Can, Nico et des Beatles pour que naissent tout d’abord une singulière histoire d’amour, et ensuite un vrai duo. Olivier et Laurie se rêvent en couple pop, à l’image de Serge & Jane, John & Yoko, Paul & Linda. Nul doute qu’avec leur sens inouï de la ritournelle, et cette grande part d’enthousiasme, d’intimité et d’humour qu’ils placent dans chacune de leurs compositions, ils ne parviennent à marcher sur les traces d’Elli et du regretté Jacno. (E.A.)

Foreplay EP, Chicrodelic / Discograph

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Scary Mansion, Make Me Cry

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D’apprendre que Leah Hayes, cette artiste originaire du Massachussetts et désormais résidente de Brooklyn, est également illustratrice n’est pas une surprise en soi : ses compositions aux contours très graphiques creusent un sillon profond dans nos sentiments. Après une première tentative saluée à juste titre au début de l’année, elle poursuit avec le bassiste Banks et le batteur Ben Shapiro, membre du groupe Asobi Seksu, un joli travail sur une pop aux accents tortueux, mais qui se révèle d’une grande sensualité. (E.A.)

Make Me Cry, Talitres

The Drums, Summertime EP

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La vie ne serait qu’un éternel recommencement, mais quoi de plus troublant que de redécouvrir en une poignée de chansons l’esthétique exigeante, demeurée intacte, des groupes arty de la fin des années 80. Ce quartet formé en Floride, mais basé désormais à New York emprunte à Wire ou à Felt ce sens d’une pop mesurée, élégante et distante. Avec une grande d’intelligence, il puise dans le surf des années 50 ce brin de fantaisie qui le distingue, comme c’est le cas sur l’entêtant Let’s Go Surfing, hit inclassable et déjà intemporel découvert sur la dernière compilation de la maison Kitsuné. (E.A.)

Summertime EP, Moshi Moshi / Discograph

The Feelies, Crazy Rhythms & The Good Earth

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Les Feelies restent une énigme de l’histoire du rock. Originaires de la ville d’Hoboken, dans le New Jersey, ils comptent parmi les formations les plus brillantes de leur génération. Élevés au Velvet Underground et aux Modern Lovers, ils ont traversé les années 80 avec une poignée de disques qui a marqué l’époque, tout en restant d’une très grande confidentialité. Domino réédite Crazy Rhythms (1980), un disque phare classé parmi les 50 meilleurs albums de la décennie, mais aussi et surtout The Good Earth, complètement occulté au moment de sa sortie en 1986, et indisponible depuis. La tension rythmique, ainsi que la profonde mélancolie, qui se dégagent de ce disque produit par Peter Buck de R.E.M., le situent clairement comme la pierre angulaire de la production musicale de la Côte Est, à mi-chemin entre les tentatives avant-gardistes des années 60 et une forme de pop céleste, qui ouvre la voie à Yo La Tengo, aux Strokes et aux très séduisants Drums. (E.A.)

Crazy Rhythms / The Good Earth, Domino

Tinariwen, Imidiwan

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Les Anglais ne se trompent pas souvent : quand ils consacrent Tinariwen parmi les meilleures formations au monde, on peut leur faire confiance. Il faut dire qu’il se dégage de ce groupe touareg une conviction qui force le respect. Ibrahim et les siens ont été des combattants, ils conservent des années de guerre une intégrité désarmante qui les conduit à produire dans le désert un blues de plus en plus décharné. Mais ici, aucun passéisme, au contraire toute la modernité des premiers Bo Diddley. C’est presque amusant à dire, mais leurs compositions ont encore gagné en sécheresse : avec élégance, elles craquèlent sous les boucles lancinantes des guitares, et le chant rajoute cette part de densité qui nous renvoie à la terre des ancêtres. À l’écoute, on épouse sans le vouloir une culture pionnière, avec une pensée qui se tourne vers l’humanité toute entière. (E.A.)

Imidiwan, AZ / Universal


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Site : www.tinariwen.com

Zenzile, Pawn Shop

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Zenzile sait à peu près tout faire. Le dub reste leur culture musicale dominante, mais les Angevins ont exploré par le passé des sonorités post-punk, jazz ou folk, avec un réel savoir-faire. Pawn Shop, leur huitième opus, marque un retour à la source dub, de manière très apaisée. Avec la complicité de Jamika, poétesse dub au phrasé unique, et du Gallois David K. Alderman, membre de Warehouse, ils se positionnent très haut, à l’égal des plus grands dans un registre métissé et groove qui ne leur interdit aucune bifurcation, tout en maintenant un cap d’une grande cohérence. (E.A.)

Pawn Shop, Yotanka / Discograph


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Site de Zenzile : www.zenzile.com

Turzi, B.

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Après le A vient le B ; on suppose même que le prochain album de Turzi s’intitulera C. Au-delà de cette façon très conceptuelle de nommer ses albums, ce jeune Versaillais a su s’imposer dans un style électro-psychédélique paradoxalement noir, très noir, qui a ravi jusqu’à nos amis outre-Manche. Pour ce nouvel opus, il décline des sons en fonction de villes, Beijing, Buenos Aires, Bamako, Baltimore ou Baden Baden – toutes commençant par un “b”, forcément ! – qu’on parcourt comme dans un songe électrique. Des figures décalées telles que Bobby Gillespie, de Primal Scream, ou Brigitte Fontaine ont été séduites ; elles apportent une contribution remarquée à l’étrange voyage. (E.A.)

B., Records Makers / Discograph


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©Sonia Koumstoff Rassi

Site : www.myspace.com/turzi