FLUX4 RADIO - la radio offshore

SebastiAn, Total

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Après des années d’attente, le premier album du discret SebastiAn est sorti le 30 mai sur le fameux label Ed Banger Records. Alors, réussite ou déception ? Est-ce que cet artiste très controversé et de plus en plus populaire a réussi à surprendre ? SebastiAn by Sebastien...

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The Pains Of Being Pure At Heart, Belong

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The Pains Of Being Pure At Heart (“La douleur d’être un cœur pur” en français), n’a depuis son premier album, pas dévié d’un pouce sa trajectoire. Après un album coup de coeur en 2008, le quatuor nous soumet un nouvel effort dans lequel 10 chansons devraient très sérieusement bousculer nos petits coeurs d’artichauts que l’on croit insensible à cette musique et tous ceux qui croient rester de marbre une fois leur période de romantisme juvénile achevée.


La collaboration de ces New-Yorkais avec le duo de metteurs en son Alan Moulder et Flood se ressent dès la chanson-titre. Un mid-tempo qui nous propulse en avant et une rythmique retrouvée grâce à la disparition de la boîte à rythme des débuts – peut-être trop ressentie dans leur premier opus – et la présence de vraies percussions comme on aime ; ils signent alors le retour du rock alternatif des années 90. L’apport de Alan Moulder et Flood semble couler de source : le groupe et les célèbres producteurs partagent une compréhension intime du son et un sens de l’immédiateté mélodique.


La leçon donnée sur l’importance de la basse a été retenue, et l’arrivée de percussions révèle une ampleur émotionnelle indéniable. Ce son qu’on propulse en avant grâce à cette rythmique lustrée et massive, est supportée par un mur fluide de guitares digne des Smashing Pumpkins, qu’ils adulent depuis leur tendre enfance. Leur spontanéité dans les paroles et la musique nous prouve une fois de plus que la simplicité et l’instinct relationnel sont leur religion.


Kip Berman, chanteur et guitariste, annonce d’emblée la couleur sur Belong, un mariage entre les guitares saturées, des rythmiques imparables, un synthétiseur fluide et la candeur d’une voix pâle et émouvante. Belong ressuscite l’ado que l’on a été et nous plonge dans une phase de grande affectivité ; The Pains Of Being Pure At Heart ont cette capacité à capturer ce qui fait l’évolution de ce que nous sommes, et c’est peut-être ce qui fait leur principale force : comme personne, ils révèlent les phases les plus belles de notre jeunesse. Leur principale directive reste qu’être soi-même semble être bien plus facile dans la réalisation d’un album. Avec intégrité, ils insistent sur la façon dont chacun d’entre nous est capable de s’approprier leur musique. Finalement, à l’écoute de Belong, on rêve d’un champs de pâquerettes, d’une promenade au bord de l’eau, d’un pique-nique entre copains ; une adolescence qui s’enfuit mais qui pourrait bien ne jamais se finir. (G.A.)

Belong, PIAS

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The Strokes, Angles

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Après leurs trois premiers albums, véritables torpilles rock, The Strokes nous présentent leur nouvel effort, Angles. Un véritable puzzle participatif dans lequel Casablancas a calé sa voix sur les enregistrements post-prod de ses musiciens, méthode qui n’a pas fait l’unanimité. L’opus aux accents new wave nous réserve tout de même de bien jolies réussites : Two Kind Of Happiness, chanson euphorisante de l’album au feeling retro et aux break électrisants, Gratisfaction, un morceau qui révèle une forme d’écriture nouvelle, et Taken For A Fool, parfaite synthèse entre leurs deux premiers disques. Ça part un peu dans tous les sens, mais ça soulève un constat : dans le genre, on ne fait pas mieux. (G.A.)

RCA Records Label


Radiohead, The King of Limbs

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Le génie malicieux de Radiohead s’est à nouveau manifesté fin février avec la sortie d’un album surprise. The King of Limbs déploie en 37 minutes huit chansons qui font la synthèse de tout ce qu’on a aimé chez les prodiges d’Oxford. À l’influence jazz du premier morceau, s’ajoute le souvenir des compositions de Thom Yorke en solo, complexes et imbriquées, entêtantes. Feral, comme une rupture après les guitares acoustiques de Little By Little, rappelle le diptyque Kid A/Amnesiac et amorce le premier single : Lotus Flower. S’en suivent les derniers titres, aux mélodies plus célestes et à l’obscure clarté. L’ensemble en fait un disque rythmé, hypnotique et étrangement gracieux, à l’image du chêne millénaire auquel le titre fait référence. (S.L.)

Ticker Tape Ltd

No One Is Innocent, Drugstore

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No One Is Innocent aime prendre son temps. Il a donc fallu attendre quatre ans, depuis Gazoline, pour qu’un nouvel opus nous tombe entre les mains. Et finalement, No One, c’est un peu comme un vieil ami : pas de surprise, et c’est pour ça qu’on l’aime. On retrouve les mêmes recettes, les mêmes sons, la même voix.

L’impression de déjà-vu est omniprésente, mais son côté unique n’en est que renforcé. Le combo varie ses compos entre textes anglophones et francophones, avec une sonorité affirmée et qui sent toujours aussi bon l’ordinateur de garage, le rock électro taillé pour la scène. Le tour de force est réédité : digitaliser la sueur et la poussière. (S.R.)

Drugstore - Naïve

Brian Eno, Small Craft On A Milk Sea

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Inutile de rappeler tout ce que l’on doit à Brian Eno : son passage chez Roxy Music, les disques qu’il a produit à la fin des années 70 (David Bowie, Talking Heads, la scène no wave new-yorkaise), ses enregistrements solo ont été déterminants dans les changements esthétiques de notre époque.

À la première écoute de ce nouvel album publié chez Warp, la crainte cependant d’une énième tentative ambiante de la part du maître du genre. Mais avec l’enthousiasme des pionniers, on s’aventure à explorer sous la couche de glace lactée de cette étrange planète des aspérités d’inspiration jazz, sous la forme d’improvisations tendues, comme autant de promesses. (E.A.)

Small Craft On A Milk Sea - Warp


Woima Collective, Tezeta

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Depuis quelques années, les Allemands nous prouvent leur sens du groove. Les Whitefield Brothers sont une émanation des Poets of Rhythms, une formation de Munich à la section de cuivres décapante dont est également issu Johannes Schleiermacher. Ce sax tenor expérimente avec le Woima Collective une approche soul-funk inspiré par les rythmes éthiopiens du maître Mulatu Astakte et de tous les sons qu’il a amassés sous la forme de K7 lors de ses nombreuses excursions en Afrique du Nord : il en résulte une sélection d’instrumentaux afro-jazz que n’aurait pas renié en son temps le grand Art Ensemble of Chicago. (E.A.)

Tezeta - Kindred Spirits


The Apartments, Drift

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Le parcours de ce groupe australien vaut à lui seul un roman : formé par Peter Milton Walsh en 1979 dans un style qui annonçait Orange Juice ou Everything But The Girl, il n’a cessé de vivre de ses séparations et reformations à intervalles réguliers, obtenant un vrai succès d’estime, notamment en France où il est devenu culte avec l’album Drift.

À la manière de ses compatriotes Go-Betweens ou Ed Kuepper, ce songwriter surdoué se distinguait par une forme de mélancolie pop dont on ne soupçonnait alors plus l’existence. Ce disque publié en 1992, demeuré longtemps introuvable, reste aujourd’hui l’un des joyaux intemporels qui émaillent l’histoire de la musique. (E.A.)

Drift – Riley / Talitres

Arlt, La Langue

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Il faut sans doute remonter aux années 70 pour retrouver une telle liberté de ton en langue française. Si le Velvet Underground est invoqué comme l’une des références possibles pour Arlt, peut-être les premiers albums de Brigitte Fontaine peuvent-ils nous renseigner sur cette approche terrienne d’une chanson française sublime et incertaine.

Eloïse Decazes et Sing Sing testent des formes sèches, parfois dissonantes et avant-gardistes, tout en s’accordant des tentatives folk aériennes à la manière du groupe The Incredible String Band : ils mêlent leurs voix avec bonheur et inventent une langue nouvelle. (E.A.)

La Langue - Almost Musique


Sufjan Stevens, The Age Of Adz

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Tant pis : Sufjan Stevens ne poursuivra pas le projet fou, mais si beau, de consacrer un album à chacun des États des USA. Consolons nous car l'Américain enchaîne un EP bien garni et de toute beauté (All Delighted People), puis cet album, The Age of Adz, ébouriffant. Envolée la pop pastorale à base de banjo : Sufjan revient d'humeur electro, et ose l’usage de l'« autotune ». Le voici au sein de contrées déjà fréquentées par l'un de ses « concurrents » directs : Owen Pallett.

Mais loin de l'opéra electro composé par le canadien sur le sublime Heartland, Stevens se démène sur des mélodies complexes, et offre un album torturé, paraît-il en écho à ses propres tourments, et inspiré de l'œuvre de l'« outsider artist » Royal Robertson. À l'image de l'épique dernier titre Impossible Soul, l'orfèvre pop nous livre un album foisonnant, parfois perturbant, mais comme souvent, extrêmement touchant. (M.R.)

The Age Of Adz - Asmatic Kitty / Differ-ant


Klaxons, Surfing The Void

flux4disc_klaxons_surfingthevoid Les Klaxons reviennent avec beaucoup plus d'énergie et d'agressivité pour un résultat des plus convaincants. Il fallait bien ça car on les avait presque oubliés en France. Avec leur excellent premier album, Myths Of The Near Future, ils avaient apporté de la fraîcheur avec leur synthétiseur et leurs chants en chœur. On attendait forcément la suite avec grand intérêt, que des morceaux électriques comme Golden Skans ou It's Not Over Yet redonnent à la pop anglaise un son nouveau. Il avait fallu inventer en 2007 un nouveau style de musique, la « New Rave » pour accueillir les Klaxons.

Surfing The Void a donc attendu trois ans et demi avant de sortir des placards. Le quatuor a fini une première version fin 2008, jugée par eux-même trop psychédélique. C'est surtout que leur label Polydor n'en a pas voulu. Retour en studio donc, pour produire la version finale qui est certainement moins inventive mais très rock. On se rapproche beaucoup des deux premiers albums des Arctic Monkeys avec des chansons puissantes et nerveuses comme Surfing The Void, Flashover,... La batterie cogne plus et le son des guitares est plus fort. Ceci dit, on reconnaît facilement que les Klaxons sont derrières tout ça et c'est bien là l'essentiel. (N.B.)

Surfing The Void - Polydor


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