FLUX4 RADIO - la radio offshore

Death in Vegas, Trans-Love Energies

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On les avait vus grands, très grands au début des années 2000. Puis, on a vu Death In Vegas décliner au point de disparaître totalement. Sept ans plus tard, Richard Fearless nous revient seul de New York, avec l’humilité du débutant. En net regain de créativité, ce producteur incroyable renoue avec un propos initial qui alimentait la pop de subtils éléments électroniques. On se laisse bercer par des compositions aux accents délicieusement psychédéliques, qui n’hésitent pas à virer au rock hautement électrifié, à la manière des Stooges, au point de tout aspirer comme un ultime trou noir. (E.A.)


Sharon Jones & The Dap Kings, Soul Time

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Pour ceux qui en doutent encore : Sharon Jones reste la seule vraie diva de la soul ! Nul gimmick chez elle, ni plan marketing, la musique est vécue comme une nécessité constante, notamment en concert. Justement, Soul Time regroupe des titres destinés à la scène : interprétés avec une incroyable urgence dans des styles variés, raw funk, rhythm’n’blues ou soul jazz, ils laissent l’auditeur littéralement scotché avant de le voir décoller irrésistiblement, comme s’il vivait en temps réel l’expérience conjointe de James Brown, Betty Davis et de George Clinton. Sous les coups de boutoir rythmiques de ce petit bout de femme, les planches s’enflamment et le dancefloor vole en éclats. (E.A.)

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Cass McCombs, Humor Risk

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Tragi-comique, mystérieux, Cass McCombs ne pose jamais ses valises et explore les parties les plus sombres de sa personnalité. Depuis une dizaine d'années, ses albums diffus font l’équilibre entre folk et rock, toujours étonnants, toujours beaux. Sorti cette année, Wit’s End suit le sillage tortueux de ses grands frères mais offre des arrangements plus orchestrés. Quelques mois plus tard : surprise. Le pendant lumineux de Wit’s End, Humor Risk, reste fidèle à l’artiste mais se veut moins introspectif. Avec ses histoires loufoques, de dealer ou d’“anamour”, il rappelle toujours les frasques rock du Velvet Underground et ses mélodies foutraques. Love Thine Enemy, morceau d’ouverture, très brut, est rattrapé par le folk psychédélique du sublime The Same Thing et du vertigineux To Every Man His Chimera. Un huit titres sans réelle cohérence, fourre-tout, mais ouvrant encore un peu plus l’univers complet de Cass McCombs. Essentiel. (C.B.)

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Battant, As I ride with no horse

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Le premier album multipliait les gimmicks post-punk un peu surfaits, mais cette nouvelle tentative séduit par son sens de l’économie. Le minimalisme n’est pas un vain mot, il permet de construire une ligne pop nouvelle, rayonnante mais inconfortable, à la manière des Young Marble Giants en leur temps, la touche électronique en plus. Depuis la disparition tragique de Joel Dever à quelques jours de la sortie du disque, on ne sait ce qu’il adviendra de ce projet. Tout au plus, restera-t-il une poignée de chansons gravées ici pour l’éternité, et sur lesquelles on continuera de danser tout l’hiver sans forcer l’hommage. (E.A.)

El Rego, Daptone

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Les sources de l’afro-beat sont multiples. Bon nombre de compilations rendent compte du foisonnement des expériences menées à la fin des années 60 et au début des années 70. Les collectionneurs ne cessent d’exhumer des perles, à l’image de Mark Grossman, parti sillonner l’Afrique de l’Ouest sur les traces d’El Rego, considéré au Bénin comme le Godfather de l’afro soul. Il résulte de cette belle quête personnelle une première sélection de douze titres qui restitue à ce pionnier sa vraie dimension dans toute la diversité de ses explorations : rythmes traditionnels, afro-blues, afro-beat et funk. Le tout est signé chez Daptone, un label qui décidément s’interroge sur ses filiations propres. (E.A.)


Noel Gallaghers’s High Flying Birds

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Liam et Noel, c’est terminé. C’est triste, mais c’est comme ça. Triste pour les fans de pop-rock à l’ancienne, mélodies entêtantes, lignes de basse subtiles et arrangements compliqués. Oasis, pour ne pas le citer, avait réinventer la pop moderne, redonnant ses lettres de noblesse à un « style » ringardisé par la vague punk kurt-cobienne et mise à mal par la pate blurienne. Derrière la voix nasillarde, mais précise, de Liam Gallagher, se cachait le frérot, Noel, sans doute l’un des mélodistes les plus talentueux de sa génération. Et quand il en a eu sa claque du m’as-tu-vu soifard, capable de les planter avant un live sur la BBC, Noel a décidé de se mettre sur le devant de la scène. Cet album solo rappelle avec force combien il a été, pendant une décennie, l’âme d’Oasis. On s’y croirait, la voix de Liam en moins, même si on ne peut s’empêcher de penser que sur If I Had a Gun, il aurait emmené le morceau vers d’autres sphères. Les orchestrations, le son des guitares, le fan ne sera pas dépaysé. Mais le plus frappant, c’est de constater que Noel Gallagher reussit le pari de se renouveler, et rappelle, derrière certains titres qu’on croirait repris à John Lennon (Record Machine), qu’il reste le patron de la pop anglaise, quoi qu’en pensent certains buveurs de bière. (S.R.)

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13TH FLOOR ELEVATORS, BULL OF THE WOODS

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Parmi les groupes sixties, le 13th Floor Elevators tient une place à part. Loin aussi bien de la côte est que de la côte ouest, cette formation basée à Austin ne cherche nullement à rivaliser avec les stars de l’époque, et pourtant, elle initie le son garage très tôt, dès 1966, et publie même un standard, You’re gonna miss me, repris en ouverture de la compilation Nuggets, construite par Lenny Kaye, journaliste et futur guitariste de Patti Smith. Justement, c’est peut-être ce qui distingue cette formation, c’est qu’elle fait, plus qu’aucune autre, le lien avec le post-punk. Plus proche de l’esprit de Devo, des Residents ou même de Pere Ubu que des Doors, elle pousse le processus de déconstruction psychédélique très loin. On connaît malheureusement les résultats : un état mental chancelant pour Roky Erickson et une mort prématurée pour Stacy Sutherland, auteur d’une grande partie des chansons figurant sur cet album, le dernier en studio, admirablement inconfortable. (E.A.)

PAUL MC CARTNEY, MC CARTNEY II

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On le sait, il est de bon ton de se payer la bobine de l’ami Macca, notamment quand il évolue en solo. Et pourtant, quand il décide de tout faire tout seul, comme c’est le cas sur son premier album post-Beatles ou à la toute fin de la décennie, son approche reste troublante, initiatrice de bien des expériences intimistes, voire lo-fi. Si McCartney publié en 1970 reste anecdotique, McCartney II mérite d’être réévalué. Macca fabrique des sons et vire new wave sans même sans rendre compte. Minimaliste et anguleux, on le croit en train de s’inspirer du groupe XTC. En fait, il n’en est rien. C’est lui qui invente XTC et tous ces groupes de la nouvelle vague britannique, avec candeur et naïveté certes, mais avec son génie visionnaire. (E.A.)

KEB DARGE, LEGENDARY WILD ROCKER

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Keb Darge est barge, et ça n’est pas peu de le dire ! Ce DJ écossais déniche les pépites des temps reculés, de cette époque où l’on n’avait pas encore décelé de vie intelligente sur cette Terre, autrement dit dans les années 50. Ce fan de northern soul et rockabilly n’a pas son pareil quand il s’agit de poser sur sa platine experte, surf endiablé, twist mutant et autre proto-funk décalqué. On se déhanche sur Lou Lou de Darrel Rhodes, on se vautre sur Talk About A Party de Boogaloo & His Gallant Crew, on joue les primates sur Jonny Parker & The Zirkons, et on… Bref, une nouvelle sélection hautement percussive, publiée chez BBE. Indispensable à nos vies, Oongawa ! (E.A.)

DAVID BOWIE, DAVID BOWIE DELUXE

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Quand il n’était encore que David Jones, c’est-à-dire avant de devenir David Bowie, David se cherchait : mod un jour, pop le lendemain, northern soul le surlendemain. Les mauvaises langues diraient qu’il n’a jamais cessé de se chercher depuis, mais nous n’en sommes pas, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, quand la maison de disque Deram signe son premier album à la fin de l’année 66, le futur David Bowie papillonne, se rêve en songwriter, et finit par accoucher d’une poignées de pop-songs mi sucrées mi acidulées qui, sans rien augurer de la maestria future, s’écoutent comme de vraies curiosités. Loin du simple document d’archive, une belle édition fouillée, augmentées de sessions inédites, à destination des fans mais pas seulement.

JAMES CHANCE, TWIST YOUR SOUL

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On se souvient un jour du leader de Nic Offer, le leader de !!!, qui raillait l’importance historique de James Chance, également connu sous le nom de James White. Sans doute ce parent pauvre de la no wave n’a-t-il pas été d’une influence décisive, mais sa présence était incontournable au mitan des années 70, au moment d’amorcer une vraie bascule esthétique aux côtés des DNA et autre Lydia Lunch. Et ils sont nombreux à avoir rejoint les Contorsions, avec cette approche soul-jazz débridée dont les effets se font ressentir aujourd’hui encore chez Le Tigre ou LCD Soundsystem. Une réécoute s’impose donc… (E.A.)

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