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Cults, joyaux pop sur scène !

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Avec Cults, un jeune couple new-yorkais, contre toute attente nulle nostalgie apparente : pour elle, Madeline Follin, adepte du punk et lui, Brian Oblivion, qui vient du surf-rock psychédélique, les 60’s des Shangri-La’s et autres girl bands ne servent que de réservoir à idées, comme s’il était question de percer le mystère d’une forme de modernité, celle de la pop éternelle.

18h48 : backstage, à la Laiterie

J’entre dans la loge dans une atmosphère enfumée. Je vois une bande d’amis affalés dans un canapé. Ils ont tous les cheveux plus longs et plus gras que moi. Chacun une bière à la main, une cigarette dans l’autre, pas de doute l’ambiance au sein du groupe Cults est détendue. Notre photographe tente de les discipliner, tous les cinq côte à côte faisant mine d’être sérieux cinq secondes, le temps d’un flash, et la récréation est repartie. La séance photo se termine, les visages se décrispent, Brian Oblivion se lève nous rejoint, sa complice Madeline Follin le suit. Les musiciens eux, restent insensiblement dans leur fauteuil qui semblait donc être bien confortable. L'un d’eux, nonchalant et peut-être agaçant, joue un air de guitare durant l’interview.

Brian allume une cigarette, Madeline lui pique, on sent tout de suite la complicité entre eux. Ils commencent par nous présenter leurs musiciens :

le xylophoniste, guitariste pour l'occasion, qui au fond s’avère être un éternel insatisfait et n’aime soit disant personne (sans blague) ;

le batteur à coté qui dort toute la journée ;

le bassiste qui ne manque pas d’idée, ni de créativité.

Les présentations faites, l’interview peut commencer, on a presque l’impression de faire partie de la bande à présent.

Quand on lui parle de sa musique très pop 60’s, Brian répond que pour lui sa musique est spontanée. Ce son frais et libre vient donc de la fougue créative de ce songwriter très cultivé. Mais Madie, comme la surnomme le groupe, sait magnifier cette rythmique avec sa voix et son déhanché.

21h00 : club de la Laiterie

Le concert commence. Madie et ses acolytes entrent en scène. Tout au long de la soirée la petite midinette brune se dandine tenant sa robe XXXS pour le plus grand bonheur du plus fan des fans au premier rang. Autant dire que les yeux ne sont pas rivés sur les scènes de films en noir et blanc projetées derrière. On croirait entendre Madonna à l’époque de Like A Virgin même si le plus fan des fans vous dirait que non, elle est unique, et non sa voix ne nous fait absolument pas penser à Diana Ross lorsqu’elle chante You know what I mean, enfin quoi que…

Bon il n’y a pas que Madie qui nous fait succomber. Ok, tous les musiciens ont les cheveux longs et on voit à peine leur visage mais ils ont du talent et du charme. La gente féminine peut être comblée par le badboy au xylophone qui amène un côté enfantin à la musique de Cults. Never heal yourself est l'un des joyaux de l’album. Sur ce morceau, la voix de Madie est lumineuse et parfaite. On comprend pourquoi aujourd’hui Go outside est un tube, avec une rythmique entrainante et un air délicieusement entêtant, qui sonne comme un fil conducteur tout au long de l’album.

Dire que Madie et Brian étaient prédestinés au cinéma et non à la musique, ce qui explique sans doute la dimension colorée et visuelle de leurs compositions. Comme quoi quand le destin s’en mêle, de petits bijoux apparaissent.

cults.bandcamp.com

Par Anne Berger


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