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Nikola Karabatic, l’extra-terrestre terriblement humain

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A 26 ans, l’arrière de l’équipe de France de handball a tout gagné. Tout. Il fait partie de la génération dorée des Bleus, celle des Experts, champions d’Europe, champions du monde, champions olympique. Derrière ce joueur d’exception, élu meilleur joueur du monde, se cache en fait un jeune homme d’une simplicité confondante. En dehors des parquets, le natif de Nis (Serbie) qui fait craquer ces dames, redevient un homme. Et ça, c’est plutôt rassurant.


Un soir d’Eurotournoi à Strasbourg, le joueur de Montpellier avait refusé une interview alors qu’il devait monter sur le terrain une heure plus tard. Instantanément, Nikola s’était saisi de son portable et avait lancé « Je te rappelle ». Quand on est journaliste depuis quelques années et qu’on est en face d’une star planétaire, forcément, le doute s’installe. C’est en fait le surlendemain que le téléphone sonne. A l’autre bout, l’arrière gauche tricolore avait tenu promesse. Dans le bus qui l’emmène en Bosnie avec le reste de l’équipe montpelliéraine pour un tournoi amical, Nikola parle posément.

La musique, au quotidien…

L’ancien résidant de la Cité de l’Ill à Strasbourg ne cache pas sa passion pour la musique. « J’écoute de tout, à part peut-être le hard-rock. » Certes, personne n’est parfait, et quand on creuse, on tombe sur des références pour le moins surprenante. « En ce moment, j’écoute le dernier album d’Eminem. Pas mal d’électro aussi, genre David Guetta. » Jusqu’ici, le cliché n’est pas loin, surtout quand Nikola affirme être l’ambianceur officiel de l’équipe en branchant son Ipod dans le vestiaire à l’entraînement ou avant les rencontres. Mais on l’a dit, le grand-frère de Luka peut s’avérer plein de surprises : « Les Kings of Leon, ça passe bien… J’aime bien les sonorités des Balkans aussi, ça me rappelle un peu la Croatie (le pays de son père, ndr). Côté français, j’aime bien Christophe Maé. »

Globalement, les sportifs de haut niveau ont peu de temps pour assister à des performances live. Mais Nikola a bon espoir de rattraper un peu le temps perdu, grâce à la nouvelle salle de Montpellier. « Le dernier concert que j’ai vu, c’était Cabrel à Toulouse. J’ai beaucoup aimé Goran Bregovic également, avec ces sons qui me rattachent à mes racines. » Une déception tout de même : « J’ai raté Christophe Maé à Béziers, il n’y avait plus de places. »

Récemment, les footballeurs français ont été brocardés pour l’utilisation intempestive des écouteurs. Les supporters leur reprochent de les ignorer. « Honteux », un adjectif redondant, et encore plus depuis la débacle tricolore au dernier mondial. Plusieurs clubs du championnat de France ont ainsi interdit les écouteurs entre le bus et le vestiaire et prié leurs joueurs de prendre quelques secondes pour signer des autographes. Les joueurs prétendent que la musique « sert à se concentrer ». Le plus grand sportif français du moment a son opinion : « Les écouteurs, ça m’isole trop, commence Nikola. Je n’aime pas trop, ça me fait entrer dans le match trop tôt, ça fait un surplus de pression. En te mettant tout de suite dans ta bulle, tu entres trop tôt dans ton match, et tu perds de l’influx nerveux. » Une démonstration que l’on ne manquera pas de faire suivre aux intéressés…

Fondu du 7e art

Sur un terrain, on a rarement vu Nikola faire son cinéma. Dans son salon, il en est tout autrement.« Je suis accroc. Mais attention, toujours en V.O. La voix d’un acteur, ça fait partie de son jeu, de son art. Alors regarder un film avec la voix d’un autre, ça n’a pas de sens ! » Avec son emploi du temps souvent chargé, entre handball, déplacements et autres obligations, Nikola mise un peu plus sur les séries depuis quelques temps – « Les Sopranos, ça déchire » - mais sait se dégager des plages horaires pour le 7e art, le plus souvent après 22h, quand il sait qu’il ne sera plus dérangé. « A Kiel, je me suis acheté un plasma 165cm, avec le Blu Ray et le Home Cinema. Ça me permet d’entrer dans un autre monde, de m’évader. » Ses préférences, récemment, vont à Avatar, qui « aurait dû avoir l’Oscar », Démineurs et Into the Wild. Globalement, c’est l’action qui emporte les suffrages, avec une mention particulière pour Inception, le film événement avec Léonardo Di Caprio.

D’un monde à l’autre

Quand il n’écoute pas son Ipod à fond sur ses enceintes ou qu’il ne regarde pas un film dans sa salle de cinéma personnelle, Nikola Karabatic trouve encore un peu de temps pour les jeux video, et notamment de grandes parties de Call of Duty en ligne… avec les autres joueurs de l’équipe ! Verdict ? « C’est moi qui gagne ! Mais il y en a quelques-uns qui sont pas mal dans l’équipe… » Et pour compléter, « on a deux télés et deux Playstation 3 avec mon frère. Alors on organise des tournois de PES à la maison. Et là, je dois reconnaître qu’il est meilleur. »

Dans la vraie vie, Karabatic adore sa ville de Montpellier : « C’est une super ville. Kiel, je me faisais un peu chier. Hambourg, c’est une ville géniale mais c’était à 100km de Kiel, je n’avais pas souvent l’occasion d’y aller. » Nikola se montrera plus disert sur la Croatie, son autre patrie, là où il déplace les foules : « La Croatie, c’est magique. C’est tellement beau dans les îles, les criques… Les jolies filles, ce n’est pas une légende hein ! J’adore ce pays. Plus tard, je me vois bien vivre six mois en France, six mois en Croatie… » Une vie de rêve ? Peut-être juste la vie normale d’un mec pas comme les autres.



Par Sébastien Ruffet



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