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Brendan et le secret de Kells, de Tomm Moore

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C’est dans l’abbaye fortifiée de Kells, au IXe siècle, que vit Brendan, 12 ans, jeune moine soumis à l’autorité d’un oncle despotique et austère. Ce dernier a oublié depuis bien longtemps l’art de l’enluminure au profit de la construction d’un mur d’enceinte qui, il l’espère, le protègera des invasions des hordes barbares. L’arrivée du frère Aidan, un maître enlumineur chassé de son abbaye par les Vikings, va venir bouleverser l’ordre établi et la vie bien rangée du scriptorium des moines copistes. Aidan est le gardien d’un livre sacré, le Cathach de Saint Colomba , un manuscrit destiné à apporter la lumière aux peuples. En demandant à Brendan de l’aider à achever son œuvre, il va l’encourager à repousser les frontières du monde étriqué qui était jusqu’alors le sien pour découvrir qu’il n’y a pas que dans les livres qu’on peut apprendre…


Réalisé presque entièrement à la main et en 2D, Brendan et le secret de Kells ressemble à un ouvrage ancien, précieux, où chaque détail a été pensé et peaufiné avec méticulosité. Son esthétique très particulière, bien loin de la course à l’hyper-réalisme de certains de ses concurrents, lui apporte beaucoup de fraîcheur et d’innocence. L’image, pleine de vie, est d’une beauté presque irréelle. La palette des couleurs est très riche et puise directement dans l’enluminure dont elle s’inspire. Le rendu des textures est impressionnant et le dessin, d’une grande finesse, fait de courbes et de volutes, rappelle les enluminures médiévales, tout en gardant une influence celtique qui lui confère une grande originalité. Et même si le scénario, qui s’inspire de la légende du Livre de Kells, s’appuie sur le modèle classique du conte initiatique, sa portée philosophique et poétique en fait un film atypique et propose au spectateur plusieurs degrés d’interprétation. Alternant passages poétiques et moments durs, Brendan et le secret de Kells offre un voyage magique dans la légende irlandaise. Un moment éblouissant. (S.M.)
Un film d’animation de Tomm MooreGebeka Films

 

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Hunger, de Steve McQueen


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Retraçant l'histoire vraie de prisonniers arrêtés pour terrorisme dans une Irlande déchirée entre IRA et dame de fer, Hunger, caméra d'or à Cannes vous tiendra pour sur-éveillés. « Je souhaite susciter le débat, bousculer nos idéaux moraux » Steve McQueen nous plonge avec brio au fond d'un trou carcéral sans nom. Choc, triste, franchement écœurant, ce film agit sur vos sens, comme si vous y étiez dans ces cellules pleines de merde et d'asticots. On sent, on frémit, on a mal : le réalisme à son paroxysme mais jamais trop, trop de sang ou trop de chagrin, de pleurs...

On ne les connait pas ces revendicateurs, on sait qu'ils croient et défendent leurs idéaux, qu'ils veulent être reconnus et respectés, mais pas plus. Les gardiens de ce micro monde carcéral, ils frappent, en souffrent, aiment çà... ou pas. Le fait est qu'ils sont la tous. Grève de l'hygiène puis de la faim, le film nous expose tout ce que notre corps redoute. On redoute mais on admire les prises de vues audacieuses de McQueen. Cet esthétisme soigné et permanent qui prend le temps d'installer l'ambiance si particulière du film : rien d'étonnant quant on sait que le réalisateur est avant tout un plasticien artiste reconnu et exposé dans les musées du monde entier. Il réussit même à sculpter le corps de l'acteur principal dont la performance squelettique est à saluer.

Pour finir, je dirai que ce film a besoin du cinéma pour exister et capter l'attention du téléspectateur qui serait tenté en DVD par l'avance rapide ou la censure des scènes les plus dures. Un voyage dont on ne ressort pas indemne, je suis contente d'avoir franchi le pas. (G.M)

Film de Steve McQueen avec Michael Fassbender, Liam Cunningham, Stuart Graham.



Aide-toi le ciel t’aidera, de François Dupeyron

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La canicule se fait plaisir et envoie sous terre nos petits vieux. Sonia a trois enfants et un mari à la maison. Noire, elle s’occupe de vieux blancs, et de l’entretien d’une laverie. La vie suit son cours avec vue sur la cité des alouettes, jusqu’au jour du mariage de la fille aînée…. Reflet d’une réalité que trop de gens ignorent et qui pourtant fait partie de notre société, Aide-toi le ciel t’aidera met en scène une pléiade d’acteurs pleins d’authenticité, de personnages réalistes et imparfaits. Une mère un peu faible, pas toujours catholique, mais qui ne veut que le bonheur de sa famille, des enfants insolents, des coiffeuses nymphomanes, des voisins attachant de perversité... Les festivals ne s’y sont pas trompés, le prix d'interprétation féminine, attribuée à Felicite Wouassi pour son rôle au Festival de Tokyo est plus que mérité, tout comme la mention spécial du jury remporté par le film lors de sa présentation au Festival de Rome.

Après Mr Ibrahim et les fleurs du Coran, François Dupeyron s’est inspiré de Quatre mariages et un enterrement pour l’écriture de Aide-toi le ciel t’aidera. Séduit par la gaieté qui se dégage du film anglais, il avait envie de légèreté et il l’a bien restituée. Voici un film de société qui choisit de mettre en scène une famille noire. Mais, et c’est là que ça devient intéressant, son sujet principal n’est rien d’autre que cette famille, il ne dénonce pas de racisme, de policiers véreux, de parents absents, de manque d’argent, etc... Bien sûr, ces sujets seront évoqués au fur et à mesure, mais ils se feront toujours discrets, comme fondus en arrière plan. Le but de ce film n’est pas de dénoncer quoi que ce soit, il milite mais n’attaque pas, il se contente de témoigner. Le tout reste relativement cynique, toujours dynamique et vivant, notamment grâce aux prises de vues originales et à la musique made in Africa. (G.M.)

Avec Ralph Amoussou, Felicite Wouassi, Mata Gabin, Claude Rich – ARP Sélection

 

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Un conte d’été polonais, un film d’Andrzej Jakimowski

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D’une fraîcheur incroyable, ce joli conte plonge le téléspectateur dans le monde d’un petit garçon universel dont les astuces et le petit air canaille sentent bon l’insouciance de l’enfance. Stefek, du haut de ses dix ans, aime regarder passer les trains et se prendre pour un grand. Deux soldats de plombs logent dans ses poches, gardiens d’une ingéniosité dont la sœur aînée fait parfois les frais. La vie n’est pas sans soucis dans son petit village de Pologne, mais on les oublie vite car en forçant le destin ou son copain la chance, tout devient possible. Les acteurs sont remarquables de naturel et les paysages doux comme le printemps (en été). Ajoutez à cette recette une musique bienveillante, rythmée et parfois presque cocasse et sous vos yeux prend vie une histoire merveilleusement ficelée, teintée de rêve. Ce film tourné vers l’Est n’est donc pas réservé à un public polonais, slaves et autres buveurs de vodka. Loin des clichés, il montre un autre visage de la Pologne, ou du moins une facette que l’on ne s’attend pas forcement à découvrir, belle, imparfaite et authentique. Soyez assurés de l’effet de ce film sur votre humeur. Bravo à Andrzej Jakimowski, réalisateur qui a réussi haut la main son tour de passe-passe (traduction littéraire du titre polonais). Il démontre que la vie en Pologne, comme ailleurs, peut toujours être simple et douce, pourvu qu’on y croit. (G.M.)
Un conte d'été polonais, avec Damian Ul, Ewelina Walendziak, Rafal Guzniczak, Tomasz Sapryk, Iwona Fornalczyk — un film KMBO

 

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Rencontre publique au cinéma Star à Strasbourg avec Andrzej Jakimowski, réalisateur du Conte d'été polonais :

Le réalisateur, bienveillant et tout en simplicité a tenté de répondre aux questions parfois alhambiquées de téléspectateurs enchantés. Personnellement, j’ai résisté à l’envie de lui demander tout simplement le nom de la ville choisie pour le tournage, j’aurais été tentée de réserver un billet sur un coup de tête pour ce petit coin de gentille tranquillité. J’ai donc écouté : que pensez vous de la musique ? N’y a-t-il pas un clin d’œil à telle référence du cinéma italien ? Pourquoi ce film ? Selon moi, chez Jakinowski le cinéma est tout simplement naturel : réfléchi et bien pensé, mais pas à décortiquer, juste à regarder et à apprécier. Quelques propos :

« Toutes les affiches sont imprimées, la programmation est planifiée : l’imminence de l’avant-première est déjà sur toutes les lèvres. L’équipe du film est sur le qui-vive et attend avec impatience la projection du fruit de son travail… Le staff oublie le reste du monde et toute considération, notamment politique... Vexée, l’assemblée nationale polonaise décide de se dissoudre, histoire de voler la vedette au septième art, non mais… Pourquoi chercher : la date idéale pour ressouder tout ce petit monde est toute trouvée, il suffit de squatter le créneau de la dite avant-première… heureusement, le peuple a toujours besoin d’oublier vite les candidats qu’il vient d’élire et pour cela rien de mieux qu’un bon film… la présentation du conte n’a donc pas souffert du désordre politique environnant. Heureusement ! »

« Pour le rôle du SDF, j’ai tenu à faire venir de Varsovie un acteur que j’aime beaucoup… par contre pour les personnages principaux, j’ai préféré recruter dans la rue des perles d’acteurs inconnus… (adaptation libre de ce qui a été traduit lors de l’avant première, ndlr) »

 

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La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel

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La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel
Un jeune photographe, joué par Louis Garrel — très professionnel mais sans surprise —, doit faire un reportage sur une belle actrice en herbe, Carole. Entre les deux se développe très vite un amour fou, ils passent des semaines de fascination réciproque dans le vide d’un grand appartement parisien. Le bonheur touche à sa fin quand le mari de Carole rentre des Etats-Unis. Mais leur amour est déjà trop grand. Carole se brise, François se reconstruit une vie : il décide de se marier avec une amie enceinte, mais Carole tente tout pour faire avorter ce nouvel amour… Comme tous les films de Philippe Garrel, La Frontière de l’aube évoque les différentes formes de l’amour et la difficulté qu’on rencontre à les parcourir. Qu’est-ce qui reste le plus véritable, l’amour fou ou l’amour qui s’arbitre au planning familial ? Qu’est-ce qu’il arrive si du coup il est question de prendre la responsabilité de son amour ? La phrase centrale vient du meilleur ami de François qui répond à la crise qu’il vit par un simple « Ce qui te tourmente, c’est l’amour bourgeois ». Malheureusement, Louis Garrel ne réussit pas à partager ce tourment de manière crédible.
Autant le sujet de l’amour reste indémodable, autant l’esthétique du film — d’ailleurs parfaitement composé — est elle aussi indémodable. Les protagonistes pourraient vivre indifféremment aujourd’hui ou dans les années 70, et seul l’ordinateur du réceptionniste de l’hôtel vient contrecarrer l’intemporalité des images en noir et blanc. S’affirmant dans le plus beau style de la Nouvelle Vague, celles-ci positionnent Philippe Garrel comme l’un de ses derniers représentants, bien qu’il n’en ait jamais fait partie. Le thème romantique de l’amante morte, qui apparaît dans le miroir de son amour perdu, laisse percer des réminiscences du cinéma expressionniste allemand, quitte à prendre le risque d’un certain ridicule.
Garrel baigne dans la contemplation de ses protagonistes féminines, notamment Laura Smet qui prête son charme félin au rôle de Carole. Il vit à plein son amour pour le visage féminin sur lequel la caméra se pose avec délice. Ce sont ces images magnifiques qui font la puissance de ce film et qui mettent complètement en arrière-plan la narration. Dans toute cette beauté, il est pourtant difficile de ne pas ressentir les quelques longueurs que le film laisse apparaître. Si un réalisateur comme Philippe Garrel doit toujours se laisser mesurer à l’ensemble de son œuvre, La Frontière de l’aube, malheureusement, ne s’impose pas comme un film majeur, le réalisateur se montrant beaucoup trop fidèle à des recettes filmiques déjà éprouvées, sans avoir pu cette fois-ci les hausser à leur meilleur niveau. (C.D.)
Un film de Philippe Garrel, avec Louis Garrel, Laura Smet, Clémentine Poidatz — Les Films du Losange

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Ein junger Fotograf, gespielt von Louis Garrel (professionell aber ohne Überraschung), wird mit einer Reportage über die schöne, aufstrebende Schauspielerin Carole beauftragt. Zwischen den beiden entwickelt sich schnell eine amour fou – Wochen verbringen sie in gegenseitiger Versunkenheit in Carols großem, fast leeren Pariser Appartement. Das Glück wird jäh unterbrochen, als Caroles Mann aus den USA zurückkommt. Doch da ist ihre Liebe schon zu groß. Carole zerbricht daran, Francois baut sich eine neues Leben auf.
Ein Jahr später ist er auf dem Weg, zu heiraten, seine Freundin erwart ein Kind. Aber der Geist Caroles versucht alles, diese neue Liebe zum Scheitern zu bringen …
Wie in allen Filme von Philippe Garrel geht es auch in „La Frontière de l’aube“ um die verschiedenen Arten der Liebe und die Schwierigkeit, sie zu meistern. Was ist wahrer, die amour fou oder die geborgene Liebe mit Familienplanung? Was passiert, wenn es auf einmal darum geht, für seine Liebe Verantwortung übernehmen zu müssen? Der zentrale Satz kommt vom besten Freund Garrels, der auf die Krise seines Freundes mit einem lapidaren „Das, was dich quält, ist die bourgeoise Liebe“ reagiert. Schade, dass Louis Garrel es nicht schafft, diese Qual glaubwürdig zu transportieren.

So zeitlos wie das große Thema der Liebe, so zeitlos ist auch die perfekt durchkomponierte Ästhetik dieses Films: Die Protagonisten könnten heute genauso gut wie in den 70ern gelebt haben, der Computer in der Hotelrezeption konterkariert die schwarz-weiß-Ästhetik der Bilder, die im schönsten Stil der Nouvelle Vague daherkommt, deren ehrlichster Vertreter Garrel wohl bis heute ist, ohne jemals dazu gehört zu haben. Das romantische Thema der toten Geliebten, die dem erschütterten Lover im Spiegel erscheint, lässt den deutschen expressionistischen Film wieder auferstehen, nur dass dieser Effekt heute riskiert, einen Film der Lächerlichkeit preis zu geben.
Garrel gibt sich elegischen Betrachtung seiner weiblichen Hauptdarstellerinnen hin, lebt seine Liebe für das weibliche Gesicht voll aus, vor allem dem von Laura Smet, die ihren katzenhaften Charme der Rolle der Carole leiht. Der Film lebt von diesen wunderschönen Aufnahmen, die die Narration allerdings vollständig in den Hintergrund stellt. Bei all der schwarz-weißen Schänheit ist es für den Zuschauer schwierig, nicht die Längen zu spüren, die der Film eindeutig hat.
Ein Filmemacher wie Philippe Garrel muss sich immer an seinem Gesamtwerk messen lassen. Darin wird „La frontière de l’aube“ mit Sicherheit nicht die erste Position einnehmen. Der Film ist keine cineastische Überraschung und mit Sicherheit kein Highlight. Dafür scheint Garell zu sehr seinen seit Jahrzehnten erprobten filmischen Rezepten verhaftet zu sein, ohne dass es ihm diesmal gelungen wäre, sie auf eine neue Ebene gehoben zu haben. (C.D.)

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Valse avec Bachir, un film d'animation d'Ari Folman

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Tout commence par une scène d’effroi. Une meute de chiens diaboliques qui suivent un parcours effréné vers leur but : un homme, terrifié, qui les guette depuis la relative sécurité de sa fenêtre. Puis, deux hommes dans un bar. Il fait nuit. L'un raconte son cauchemar à l'autre, qui essaie de comprendre et finit par déclarer ne pas avoir de souvenirs du temps passé à la guerre pendant les années 1980, dans l'IDF. Ce soir-là, l'homme qui dit avoir tout oublié fait un rêve obscur, situé lors des massacres dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Ce rêve marque le début d’une recherche du temps perdu, et des gens qui l'ont passé avec lui. La recherche de la vérité sur sa place dans ces événements tragiques, une vérité refoulée pendant ces vingt dernières années. Et c'est une recherche à l'aveuglette qui nous emmène bien plus loin qu'on l’aurait imaginé...
L'animation à la fois belle et déroutante nous fait vivre des allers-retours : de l'adulte qu'il est devenu à l'adolescent qu'il a été ; du rêve à la réalité et à la mémoire. Jusqu'à la fin, le moment où il 'se réveille' et se retrouve, non pas dans un état de sécurité qu'offre la lumière du jour, mais dans l'horreur que constitue la réalité des souvenirs. Horreur qui laisse le spectateur au bord du gouffre, lui aussi. Car parfois, l'animation peut toucher là où d'autres films ont plus de mal. Et pour ce qui lie l'expérience personnelle à celle de la collectivité, pour ce qui révèle la stupidité et l'horreur des guerres, Ari Folman et ses collègues ont fait un travail inoubliable. (J.Y.)
Un film d’Ari Folman — Arte France


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An opening scene rife with terror: a pack of slavering, diabolic dogs race headlong through the city streets, heedless of what may lie in their path. They come to a halt at the foot of a building and bay upwards, at the window from which their prey is watching in silent horror, blinking. Then: two men in a bar. It's late. The one is recounting his recurring nightmare to the other, who tries to comprehend, and finishes by declaring he has no memory of the time spent at war during the early 1980s in the IDF. That night, the man who claimed to have forgotten it all has a dream. The dream is situated during the massacres at the Palestinian refugee camps of Sabra and Shatila. It is strange and sad and it makes no clear sense. And it marks the beginning of a quest to discover the truth of his place in the tragic events – a truth he's successfully hidden from himself for twenty years, a quest that will lead us much further than we may have imagined…

The strangely beautiful animation takes us back and forth between the adult he has become and the adolescent he was, shifting from dream to reality to memory. Back and forth again and again, until the moment at which he 'awakens' and finds himself, not in the security that the daylight offers, but in the horror that his memory holds. A horror that leaves the spectator gutted, as well.

Sometimes animation touches where other films cannot. And this animation – linking as it does a few men's personal experiences with humanity's collective experience, and revealing as it does the stupidity and horror of war – touches an infinitely horrifying place.

Ari Folman and his team have created an unforgettable film. (J.Y.)

Eldorado, un film de Bouli Lanners

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Dès les premières images d'Eldorado, le spectateur est pris par le fil d’une tension qui frémit tout au long des 85 minutes de ce film à la fois doux et amer, terne et brillant, triste et gai. Pas un moment de répit, pas un moment où l'on se sent éloigné, ni de la tragédie, ni de la comédie de la vie. Inconnus l'un à l'autre, deux solitaires se trouvent embarqués dans un “road trip'”improvisé.
Yvan, un homme d'une quarantaine d'années, un barge vivant en marge, surprend un soir chez lui un jeune voleur toxicomane, le sac à la main et la main dans le sac. Yvan va prendre une série de décisions qui les mèneront tous deux sur la route, à bord d'une Chevrolet bleue '69, pendant deux jours, deux semaines, deux mois ? Difficile à dire, le temps n'est pas défini dans ce no man's land d'une beauté brute, parfois crade. Des prairies, des collines, des maisons perdues, des campings abandonnés, des villages et, enfin, la grande ville.
Dans Eldorado, tous nos sens sont sollicités, le vent devient un acteur à part entière, et tous les sons ont leur rôle à jouer : le crissement des pneus, les gémissements d'un chien blessé, les voix sourdes des passants… À la fin, le spectateur reste avec l'impression étrange que l'important n'était pas de comprendre, mais de prêter toute son attention, et surtout de se laisser embarquer. (J.Y.)
Un film de Bouli Lanners, avec Bouli Lanners, Fabrice Abbe, Philippe Nahon, Françoise Fichery, Renaud Rutten, Didier Toupy — Versus Production


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La Soledad, de Javier Rosales

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La Soledad est l’histoire de deux femmes à Madrid. Adela (Sonia Almarcha), femme sympathique dans la trentaine mène une vie calme dans la campagne et décide un jour d’aller vivre à Madrid avec son petit-fils de 13 mois. Elle trouve une collocation et peu à peu s’installe quand un attentat terroriste brise tout. Sa colocataire Inès (Miriam Correa) est le seul lien avec le deuxième personnage du film : Antonia (Petra Martínez), la gérante d’un petit supermarché à Madrid et mère de trois filles adultes dont elle a du mal à satisfaire les exigences. Les deux femmes ne se rencontrent jamais. Et pourtant c’est leur histoire à elles-deux, l’histoire d’être femme en Espagne d’aujourd’hui. Ce qui rend spécial ce film est sa forme – ce n’est pas pour rien s’il a gagné le Goya 2008, le prix espagnol le plus important : Jaime Rosales raconte son histoire en polyvision, probablement mieux connu sous splitscreen. Tandis que le côté gauche montre Inès et son colocataire, Adela prépare côté droit une salade dans la cuisine. Un effet déconcertant au début, mais on est vite pris par le sentiment d’une lourde légèreté (ou mieux indifférence ?) qui règne sur la vie des personnages de La Soledad et leur incapacité à communiquer. L’effet est encore amplifié par l’absence totale de mouvement de caméra à travers le film. Ici on trouve des dialogues sans qu’on ne voit une seule fois les deux interlocuteurs ensemble. Être ensemble – cela n’existe pas chez Jaime Rosales. La vie commune se dégrade en co-existence et dialogues grotesques. L’absence de musique dirige toute l’attention au bruit de fond remarquable qui évoque la ville dans laquelle sont emmurés Adela et Antonia. La Soledad, après The hours of the Day le deuxième film en salle de Jaime Rosales, est un petit film calme sur l’incapacité d’être ensemble et de communiquer. Un film sur l’isolement dans la ville. Un film qui n’enjolive ou n’idéalise rien, mais qui ne dépeint pas les choses en noir non plus. Un film qui se positionne. Un film auquel on peut reprocher sa moralité. Ou un film qu’on peut justement apprécier pour cela. (C.D.)
Un film de Javier Rosales, avec : Sonia Almarcha, Petra Martínez, Miriam Correa, Nuria Mencia, María Bazán, Jesús Cracio…
Goya 2008 - Meilleur Film, Meilleur Réalisateur


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La Soledad, ist die Geschichte zweier Frauen in Madrid: Adela (Sonia Almarcha) ist Anfang 30. Sie lebt ein ereignisloses Leben auf dem Lande, und beschließt eines Tages, mit ihrem kleinen Sohn nach Madrid zu gehen. Sie zieht in eine WG und scheint langsam Fuß zu fassen, als ein Terroranschlag alles zusammenbrechen lässt. Ihre Mitbewohnerin Inès ist das einzige Verbindungsglied zur zweiten Protagonistin dieses Filmes: Antonia (Miriam Correa) ist Inhaberin eines kleinen Supermarktes in Madrid, Mutter dreier erwachsener Töchter, deren Forderungen sie verzweifelt gerecht zu werden versucht. Die beiden Frauen treffen sich nie. Und doch ist es ihrer beider Geschichte, die hier erzählt wird: Die Geschichte vom Frausein im heutigen Spanien.
Was diesen Film so besonders macht – und nicht umsonst hat er den diesjährigen Goya, Spaniens wichtigsten Filmpreis, bekommen – ist seine Form: Jaime Rosales erzählt seine Geschichte in Polyvision, besser bekannt als Splitscreen: Während die linke Seite der Leinwand Inès und ihren Mitbewohner beim Würfeln im Wohnzimmer zeigt, macht Adela auf der rechten Hälfte der Leinwand in der Küche einen Salat. Was Anfangs verwirrt, macht schnell dem Gefühl einer manchmal schwer auszuhaltenden Beiläufigkeit Platz, die das Leben von Jaime Rosales’ Personen zu bestimmen scheint, und deren Unfähigkeit miteinander zu kommunizieren. Der Effekt wird noch dadurch gesteigert, dass es den ganzen Film hindurch keine einzige Kamerabewegung gibt. Hier finden minutenlange Dialoge statt, ohne dass man nur einmal beide Gesprächspartner sieht. Zusammensein existiert nicht bei Jamie Rosales, das Miteinander der Menschen wird zum tristen Nebeneinander und Dialoge zur absurden Groteske. Musik ist abwesend, was das Augenmerk auf die wahnsinnig gut gearbeiteten Hintergrundgeräusche der Stadt lenkt, die das Leben dieser Menschen begleiten.
La Soledad, nach „The hours of the day“ Rosales’ zweiter Kinofilm, ist ein stiller, kleiner Film über die Unfähigkeit zusammen zu sein und zu kommunizieren. Ein Film über die Vereinsamung in der Stadt, über Individualisierung und Isolierung. Ein Film, der nichts beschönigt, aber auch nichts schwarz malt. Ein Film mit einer Attitüde. Man mag ihm die allzu offensichtliche Moralkeule vorwerfen. Man kann aber auch gerade diese wert schätzen.

 

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