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Jeronimus — Première Partie, de Dabitch et Pendanx

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Octobre 1628. Le Batavia quitte le port d’Amsterdam pour les Indes  sous l’autorité de Francisco Pelsaert, négociant de la toute puissante Compagnie hollandaise des Indes Orientales. Obéir à un  commerçant, quelle terrible humiliation pour Arien Jacobsz, vrai marin et surtout capitaine du bateau ! Le ressentiment et l’animosité qui opposent ces deux hommes seront consciencieusement attisés tout au long du périple par Jeronimus Cornelisz. Cet apothicaire en faillite s’est embarqué par crainte de la justice, son mentor le peintre Torrentius ayant été arrêté et torturé pour hérésie. Sous l’influence de Jeronimus, les ressentiments au sein de l’équipage vont se révéler : jalousies, rancœurs, ambitions malsaines. Le Batavia devient alors une poudrière au bord de l'explosion. Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx nous livrent un étouffant huis-clos maritime tiré de faits réels. Une narration dense et passionnante, un somptueux travail de peinture (qui n’est pas sans rappeler le Skarbek de Rosinsky) placent cette série dans les incontournables de l’année. Du grand art ! (Kim)
De Dabitch et Pendanx, Futuropolis

 

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La beauté, de Blutch

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Blutch ne s’exprime jamais mieux que par le dessin ; il ne fait que cela, griffonner, maculer, saturer des pages entières. Reconnu comme l’un des auteurs les plus talentueux de sa génération, en France comme à l’étranger, il formule le souhait d’une bande dessinée qui soit « aussi physique que la peinture ». Avec La Beauté, le troisième ouvrage qu’il publie chez Futuropolis après C’était le Bonheur (2005) et La Volupté (2006), il développe des espaces de vie et de liberté, plastiques, consacrés au sublime, au désir, au désespoir et à la mort. Tout cela dans l’ordre, et surtout dans le désordre d’une pensée magistralement perverse. Doué d’un savoir-faire inouï, il parvient à transcrire le plus intime des sentiments dans ces fausses saynètes qui se rattachent pourtant toutes à la réalité, la sienne et la nôtre, à la limite parfois du supportable, comme autant de points de départs à partir de simples dessins aux trois crayons sur papier. Certains croient déceler derrière la virtuosité de cet auteur hors-norme de l’arrogance alors qu’il n’en est rien : Blutch est artiste, et à ce titre, expérimente toutes les possibilités, graphiques et narratives, qui s’offrent à lui. Il investit des territoires vierges, quitte à impliquer le lecteur malgré lui. Et même s’il feint de nier la vanité de l’acte créateur, il ne cesse d’affirmer la force de cet acte. (E.A.)
De Blutch, Futuropolis

 

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Oh les filles !, de Sophie Michel et d’Emmanuel Lepage

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N’y a-t-il relation plus complexe. et naturellement plus attachante. que celle qui relève de l’amitié entre filles ? Et qui plus est. que celle qui les lie chacune à leur propre mère ? Dans cette première partie. trois fillettes se croisent et se lient intimement malgré leurs différences : Chloé est élevée par une mère célibataire et aimante. Leïla est la fille adorée de la chaleureuse Radia et Agnès. une petite bourgeoise délaissée par ses parents. Leur amitié fusionnelle devient au fil des ans. et des aléas de la vie. leur seul vrai repère dans le monde si étrange des adultes. Sophie Michel nous livre pour sa première expérience en bande dessinée une histoire d’amitié touchante et aborde avec beaucoup de sensibilité les relations des filles avec leurs mères. Emmanuel Lepage sert magnifiquement ce récit très féminin. avec une sobriété tout à fait inhabituelle. pour un résultat qui constitue une excellente surprise. L’occasion pour les mamans lectrices de partager un instant délicieux avec leur fille autour d’une BD très réussie. (Kim)
De Sophie Michel et d’Emmanuel Lepage. Futuropolis



 

 

 

 

Mégalex — Tome 3, Le cœur de Kavatah, d’Alexandro Jodorowsky et Fred Beltran

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Six ans déjà que nous avions laissé Zeraïn, l’ange bossu, prendre la tête de l’insurrection contre les tyranniques souverains de la planète industrielle Mégalex. Six ans d’attente : un véritable supplice pour les inconditionnels de cette excellente série de science fiction !   Jodorowsky nous livre enfin le dénouement de ce best seller. Révélation et rebondissements récompensent notre (im)patience : la genèse de Mégalex, cité prohibant la nature et plaçant le clonage comme seul mode de reproduction légal, la prise de pouvoir  par la momie du roi Yode, bio-machine vide de tous sentiments et enfin la mystérieuse relation entre la l’impitoyable princesse Kavatah et le charismatique Zeraïn. Coté dessin, Fred Beltran nous surprend en délaissant son (superbe) graphisme en 3D au profit du traditionnel crayon. Le résultat n’est pas sans rappeler un certain Moebius ! Seul bémol : quelques pages supplémentaires auraient permis une fin plus aboutie. La soudaineté de la conclusion laisse présager un second cycle de Mégalex. Armons-nous donc à nouveau de patience. En espérant ne pas devoir attendre 6 ans ! (Kim)
D’Alexandro Jodorowsky et Fred Beltran, Les Humanoïdes Associés

 

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Afrika, de Hermann

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Responsable d’une réserve africaine, Dario Ferrer, ex-mercenaire dégoûté du genre humain, mène une lutte sanglante contre les braconniers qui menacent « ses » animaux. Cet homme bourru se voit contraint de servir de guide à une jeune journaliste, Charlotte. Leurs déplacements dans la savane vont les amener à être les uniques témoins du massacre de tribus opposantes au gouvernement corrompu en place. Dès lors leurs vies sont menacées, mais ce gibier pourrait donner du fil à retordre aux militaires lancés à leurs traces… Une histoire très classique mais transcendée par les dessins de Hermann, grand maître de la technique en couleur directe. Les scènes animalières sont un régal pour les yeux, elles illustrent de manière sublime la violence présente tout au long du récit. Un one-shot de très grande qualité ! (Kim)
De Hermann, Le Lombard, Collection Signé


Le Journal, de Serge Clerc

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Et si on lui devait tout ? Notre amour de la musique, de Blondie, des Stranglers et des Clash ? Notre amour des arts plastiques, le cubisme, le Bauhaus et les arts graphiques ? De nos premières lectures de Rock’n’Folk, il reste visuellement quelque chose, une histoire du rock traversée par des figures de légende, aux formes anguleuses et pleines d’une charge fantasmatique nouvelle, une histoire dont nous n’allions pas tarder à explorer les moindres contours. Tout cela, nous le devons en grande partie à Serge Clerc, un héros qu’on croyait disparu, mais qui nous revient, après vingt ans d’absence, avec la même force évocatrice. Malheureusement, nous n’avons connu que les derniers instants que les dernières années de Métal Hurlant, avant la disparition du périodique en 1987. Mais c’est justement cette histoire-là que nous retrace en 230 pages l’auteur qui y a fait ses débuts à l’âge de 17 ans. On y retrouve tous les personnages clés, Jean-Pierre Dionnet, le fondateur, Philippe Manœuvre, en Phil magnifié, mais aussi Moebius, et le regretté Yves Chaland, l’ami auquel Serge Clerc rend indirectement hommage. À la lecture de ce récit haletant et ultra-référencé, monté au scalpel, on prend conscience de la véritable importance d’un support qui nous a ouvert la porte d’affections tenaces, la science-fiction de qualité, le punk et le sexe. (E.A.)
De Serge Clerc, Denoël Graphic

Le monde d’Alef-Thau, d'Alexandro Jodorowsky et Nizzoli

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l n’est jamais rassurant de voir réapparaître l’un de nos personnages fétiches. en l’occurrence Alef-Thau. l’enfant-tronc que nous avions suivi. de ses mutilations à sa lente reconstitution physique dans un cycle haletant. Et pourtant. l’incontournable Alexandro Jodorowsky arrive à ressusciter non seulement cette figure sublime confrontée à la réalité. mais aussi notre affection vivace qui n’a jamais été démentie depuis son apparition en 1983 dans les pages de Métal Hurlant. Le cycle précédent s’était achevé sur l’imaginaire du dessinateur Arno auquel succède ici un brillant dessinateur italien. Nizzoli ; le nouveau cycle débute par une séance de dédicace et un accident qui redonne vie au héros. à nouveau mutilé et aveugle. Le combat qu’il mène aux côtés du vieux sage Hogl et de la belle Malkhout — personnages familiers qu’on retrouve ici avec plaisir —. contre l’incarnation du mal D’on-Rha. est doublé de celui d’un auteur de BD plongé dans le coma. Les vies d’Alef-Thau et de son auteur fictif se fondent et donnent naissance à un nouveau cycle qu’on suivra avec le même enthousiasme. (E.A.)
De Jodorowsky et Nizzoli. Les Humanoïdes Associés

L’œil était dans tombe, de Christian De Metter

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Patrick Vaille. fils d’un célèbre pilote de formule 1 a tout pour être heureux : une entreprise. une épouse aimante. des amis fidèles et bientôt un enfant. Sa vie bascule le jour où il découvre qu’un homme menace de faire de graves révélations sur le passé de son défunt père. La solution s’impose : tuer le maître chanteur ! Ce thriller psychologique nous conte la naissance d’un monstre. ou comment la remontée de souvenirs d’enfance douloureux font d’un homme sans histoire un redoutable tueur en série. À l’image de Caïn. Patrick ne peut se défaire de cet œil de la culpabilité qui le condamne et qui le mène à la folie. Bien que la narration soit un peu empressée. elle n’en est pas moins parfaitement mise en scène. Les dessins de De Metter. véritables prouesses artistiques. nous donnent l’impression de contempler des peintures. de saisissants tableaux. Un auteur singulier. un style original. à découvrir rapidement. (Kim)
De Christian De Metter, Casterman

La porte d’Ishtar. Tome 1. La nuit des masques, d'Alain Paris et Simon Dupuis

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810 avant J.C à Babylone. À une époque largement patriarcale. la veuve du roi nomme audacieusement une jeune scribe. Taliya. à la tête du Service de la Justice Royale. Dotée d’un caractère bien trempé malgré son jeune âge. Taliya reprend les dossiers de son prédécesseur subitement décédé. Secondée par Adad-Bela-Ukin. elle enquête notamment sur le meurtre de Ninsibur. fils de l’homme le plus riche du royaume. En raison du manque d’indices. l'affaire risque d'être classée. mais notre héroïne soupçonne rapidement un complot de vaste envergure… Alain Paris et Simon Dupuis nous restituent avec crédibilité la civilisation babylonienne et sa cité mythique aux jardins suspendus. Le lecteur s’attache rapidement aux personnages principaux de ce qui constitue la première partie d’un diptyque de facture classique. mais qui devrait séduire les amateurs de récits policiers historiques. (Kim)
Alain Paris et Simon Dupuis. Les Humanoïdes Associés

L’Enfer de Jade, de Laï Tat Tat Wing

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L’enfer interroge l’humanité depuis des millénaires et chaque culture apporte sa propre vision au travers d’une imagerie fantasmatique. Il est cependant assez rare de vivre l’enfer de l’intérieur et d’en parcourir les territoires infinis. Et pourtant avec Twinkle Twinkle Little Star (L’Enfer de Jade). c’est avec un brin de génie que l’auteur hongkongais Laï Tat Tat Wing. dont c’est la première traduction en français. entraîne le lecteur dans une odyssée infernale dont celui-ci ne sort guère indemne. Il faut dire que la limite qui sépare la réalité des jeunes Chinois qui se lancent dans une folle course suicidaire au début du récit et ce que découvre l’héroïne Jade. en enfer. est ténue. L’horreur est commune et si l’issue semble possible. elle ne s’offre qu’à de très rares élus au prix d’efforts considérables. Dans cette BD d’un genre nouveau. qui libère le mouvement dans le cadre de chorégraphies sanglantes. on vit un cauchemar éveillé. de manière physique. aux tréfonds de la psyché d’une humanité qui se débat contre des éléments qui la dépassent. (E.A.)
De Laï Tat Tat Wing, Casterman

 

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