FLUX4 RADIO - la radio offshore

Pauline (et les loups-garous), de Appollo et Oiry

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Sexe, rock et AC/DC : Yeah ! Ce one-shot est un véritable OVNI dans l’univers de la bande-dessinée ! Appollo et Oiry nous livrent avec cette histoire bardée de références (Rohmer et  Russ Meyer entre autres) leur interprétation, moderne et décalée, du Petit chaperon rouge. Tout commence comme un classique road-movie, mais avec de brèves incursions dans le fantastique (ou l’onirique ?) pour Angus et Pauline, deux adolescents en fuite. Les kilomètres s’égrènent sur l’autoroute au rythme d’une vieille cassette d'AC/DC jusqu’à cette une station balnéaire de Vendée désertée par les touristes mais hantée par les « Loups-garous », une inquiétante et fascinante bande de bikers. Un cadre peu glamour pour deux jeunes en quête d’absolu et de liberté ! Angus et Pauline y survivent cependant, à la débrouille, perdant peu à peu leur innocence et passant douloureusement de l’enfance à l’âge adulte. Passage frustrant pour Angus, Pauline se refusant toujours à lui. Passage angoissant pour la jeune fille dont la phobie du sexe trouve un exutoire dans ses visions de loups-garous et de motos vrombissantes. Malgré des passages plutôt crus, les deux auteurs traitent avec pudeur et sensibilité ce conte moderne et rock. Le dessin semi-réaliste et nerveux de Oiry enferme le lecteur dans une ambiance délicieusement glauque et oppressante. Un album singulier qui ne dévoilera ses secrets qu’après plusieurs relectures. Une ambiance et des personnages qui vous hanteront durablement : « I’m on the highway to hell ». (Kim)
Pauline (et les loups-garous), de Appollo et Oiry, Futuropolis


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Néro, Le disciple, de Mutti, Crippa et Bussachini

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Les héros de polar désabusés, trahis, brisés, éternellement à la poursuite de serial-killers en tout genre sont légions (jusqu’à l’overdose !) au cinéma, à la télévision et en romans ! Ce genre réussit cependant plutôt bien à la série Néro car le lecteur parvient à s’attacher au personnage du flic traumatisé et schizophrène devenu lui-même un meurtrier. Repartir à zéro, enquêter pour expier ses fautes et regagner sa part d’humanité, voilà ce que propose à Néro l’équipe de criminologie qui l’accueille en son sein. C’est un héros en pleine guérison mentale que nous retrouvons dans une très étrange affaire de meurtres. Deux personnes ont été assassinées à deux mois d’intervalle sur le même modus operandi : toutes deux ont été attachées sur une chaise puis tuées par une dose excessive de neuroleptiques. Ce mode opératoire est celui de Igor Scanu, tueur en série arrêté par Néro et emprisonné depuis 10 ans. Une cruelle plongée dans le passé attend notre enquêteur. Un polar délicieusement glauque et de bonne facture, le scénario de Mutti est bien rythmé et s’accorde à merveille aux dessins de Crippa et surtout à l’excellente mise en couleurs de Bussachini. Un one-shot à découvrir ! (Kim)
De Mutti, Crippa et Bussachini, Ligne Rouge, Casterman

 

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La guerre des Sambre — Hugo et Iris 2, d’Yslaire, Bastide et Mezil

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Automne 1830. Renié par son père, Hugo Sambre a tout quitté pour vivre à Paris afin d’y parachever son œuvre La Guerre des Yeux, un livre qui doit révolutionner la science et redéfinir les origines de l’humanité. Soir après soir, ce provincial un peu gauche court à l’Opéra Comique pour s’enivrer de la beauté de la jeune Iris. Les yeux rouges de la courtisane en font pour lui l’incarnation vivante de ses théories les plus folles. Sourd aux appels de son père à l’agonie et de sa jeune épouse délaissée, le dernier des Sambre va se laisser peu à peu consumer par sa monstrueuse passion… Yslaire développe avec bonheur cet univers inspiré de sa série phare, Sambre. Dès le premier regard sur la couverture, le lecteur ne s’y trompe pas : il a bien entre les mains un authentique chef d’œuvre. Les dessins de Bastide et Mezil nous charment par leur beauté sensuelle et romantique. Un grand moment de lecture durant lequel notre regard ne se lasse pas de s’abîmer dans celui des personnages, pour une plongée très troublante au fond des âmes perdues. (Kim)
De Yslaire, Bastide et Mezil, Futuropolis Glénat


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Shutter Island, de Christian De Metter et Dennis Lehanne

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Rivages et Casterman poursuivent avec bonheur leur collection Noir et nous livrent une nouvelle pépite avec l’adaptation (réussie !) du roman Shutter Island de l’américain Dennis Lehanne par le très inspiré Christian De Metter.

Au large de Boston dans les années 50. L’inquiétant îlot de Shutter Island abrite un institut psychiatrique très spécial où sont internés des fous criminels particulièrement dangereux. Les  marshals fédéraux Teddy Daniels et Chuck Aule s’y rendent à la demande des autorités pour enquêter sur l’étrange disparition de  Rachel Solando. Comment cette patiente, suivie pour infanticide a t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clef de l’extérieur ? Comment peut-on disparaître d’une île sans laisser la moindre trace ? Teddy Daniels a très vite le sentiment d’être manipulé par le personnel de l’institut. Shutter Island semble cacher un inavouable secret. Se pourrait-il que des expériences soient illégalement menées sur les condamnés ? L’arrivée d’une tempête tropicale coupe soudainement l’îlot du reste du monde. Tout se met alors en place pour un terrifiant huit-clos… Un one shot à l’atmosphère glauque et oppressante à souhait. Avis aux amateurs de (très) bons polars ! (Kim)
De Christian De Metter et Dennis Lehanne, Rivages/Casterman/Noir


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La fin du monde, de Wazem et Tirabosco

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Un soir de déluge dans la campagne isolée. Une femme est sur le point d’accoucher. Son mari lutte désespérément au volant de leur voiture contre les éléments déchaînés. Soudain, le drame se produit : un arbre tombe sur la route à leur passage… Vingt ans plus tard, une jeune femme, étendue sur le parquet de son appartement, bras en croix, fixe la pluie. Un nouveau déluge, prémisse de fin du monde pour beaucoup, s’abat sur la ville. Pour la jeune femme, il marque au contraire un  début, celui d’une grave crise existentielle.  Qui est-elle ? Pourquoi sa mère l’a-t-elle abandonnée ? Pourquoi tous ces non-dits qui la bloquent depuis son enfance ? A la recherche d’elle-même, elle bravera à son tour les éléments et retrouvera la maison de son enfance. Découvrira-t-elle ce qui se cache dans la chambre interdite ? Cette pièce condamnée qui l’attire inexorablement ? Wazem et Tirabosco nous immergent avec talent dans l’inconscient de leur héroïne. L’atmosphère mélancolique et fantastique de cette plongée est transcendée par cette couleur bleue, omniprésente et angoissante. Un récit sensible et une belle oeuvre graphique sur l’absence et la perte. Une lecture dont le charme opère longtemps ! (Kim)
De Wazem et Tirabosco, Futuropolis

 

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Skim de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

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On dit de  l’adolescence que c’est l’âge bête. Tel n’est pas le cas de Kim. Cette adolescente de 16 ans  qui vit en Amérique du Nord et  dont l’embonpoint lui vaut  le surnom de Skim (littéralement « dégraisser ») fait preuve au contraire de beaucoup de clairvoyance et d’imagination. Son journal intime est une vision féroce mais pertinente de la société en général, de son collège en particulier avec  ces jeunes filles si bien élevées (trop ?) qui ne sont pas les anges qu’elles prétendent être et ces adultes toujours trop dupes. Les auteurs canadiens, Jillian Tamaki et Mariko Tamaki, nous livrent ici une très belle chronique de l’adolescence, un émouvant récit d’apprentissage. La narration sarcastique mais élégante s’appuie sur un graphisme plaisant d’inspiration asiatique. Plus qu’une bande dessinée, Skim est un véritable roman qui a connu un réel succès outre-Atlantique. Souhaitons-lui à présent l’engouement qu’il mérite en Europe. (Kim)
De Jillian Tamaki et Mariko Tamaki, Casterman écritures

 

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Genetiks — Tome 2, de Marazano et Ponzio, Futuropolis

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« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ! Cette citation, certes très classique mais plus que jamais d’actualité, illustre parfaitement les sentiments du lecteur au fur et à mesure de sa plongée dans ce terrifiant et efficace thriller scientifique. Dans un futur proche, Andréas Martin, puissant leader du trust pharmaceutique Genetiks, use de tous les moyens pour circonvenir l’éthique scientifique et imposer son projet Anqâ. Seuls quelques mouvements de scientifiques dissidents, d’artistes et d’intellectuels osent, au péril de leurs vies, affronter cette nouvelle hydre. Au cœur de la tourmente et objet de toutes les convoitises, Thomas Hale chercheur de Genetiks, premier homme dont le génome a été intégralement décodé, devient officiellement la propriété du laboratoire pour lequel il travaille. Surveillé, manipulé, sujet à d’horrifiques visions, Thomas découvre qu’il est le matériau même du projet Anqâ et que celui-ci ne vise rien de moins que l’immortalité génétique des cellules. Le récit parfaitement rythmé  par Marazano s’accorde à merveille au réalisme graphique de  Ponzio, l’ambiance est glaçante à souhait ! Tout autant manipulé et désorienté que Thomas, le lecteur ne peut qu’attendre avec impatience le dénouement de cette fiction dans le prochain opus. (Kim)
De Marazano et Ponzio, Futuropolis


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L’Histoire Secrète — Volume 11 + Nadja, de Pécau, Kordey et Chuckry, Delcourt

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Rares sont les séries-fleuves capables d’entretenir l’intérêt du lecteur ; elles le sont d’autant plus quand il s’agit d’éveiller son enthousiasme sur la durée. Et pourtant Pécau, Kordey et Chuckry, auteurs de la saga L’Histoire Secrète y parviennent plutôt bien. Loin de s’essouffler ou de nous lasser, leur relecture fantastique de l’Histoire officielle gagne en intensité et en rythme au fil des tomes. Nous retrouvons dans cet opus les archontes, cinq personnages immortels, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Leurs combats séculaires pour le contrôle du (des) destin(s) de l’humanité atteignent leur paroxysme. Une lecture passionnante, à condition de maîtriser les 10 volumes précédents. Bienvenue dans les arcanes du temps ! (Kim)
De Jean-Pierre Pécau, Igor Kordey et Chris Chuckry, Delcourt

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Mise en Bouche, de Jean-Philippe Peyraud et Philippe Djian

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La BD a toujours cherché à s’émanciper de la littérature et du cinéma afin de créer ses propres codes narratifs, mais quand on soumet à un dessinateur le texte d’un auteur de roman dont il est un grand admirateur, celui-ci ne se fait jamais prier pour relever le défi ô combien périlleux de l’adaptation. Dans le cas de Mise en Bouche, Jean-Philippe Peyraud est tombé amoureux du texte de Philippe Djian qu’il a lu dans un supplément des Inrockuptibles. La rencontre a eu lieu, et la complicité des deux hommes a conduit à un joli travail commun de relecture du texte, lequel est naturellement facilité quand l’auteur se propose lui-même d’affiner les dialogues. L’histoire est construite autour d’une prise d’otages dans une école ; un père célibataire se retrouve enfermé avec la jolie institutrice qu’il accompagne tous les matins à l’école avec sa petite fille, Lily. Il est attiré, mais le moment n’est pas propice aux sentiments, même si l’intimité entre les deux personnages s’installe progressivement. Peyraud échafaude autour de ce récit une subtile construction graphique qui insiste sur les situations de claustration, d’attirance et de répulsion, soulignant ainsi l’efficacité narrative de Djian. Il révèle également la capacité pour des personnes en situation exceptionnelle de transcender leur vie ordinaire. Avec la publication parallèle du texte original chez Folio, le lecteur a le loisir pour la première fois d’effectuer des allers-retours entre le roman court et la BD qui a été réalisée, ce qui favorise de nouveaux niveaux de lecture et une meilleure compréhension de la relation complexe entre les mots et les images. Par ailleurs, il est dit que Djian aimerait profiter de l’occasion pour écrire pour la BD, notamment pour Peyraud, un peu comme il l’a fait pour la chanson avec Stefan Eicher. Rendez-vous est déjà pris… (E.A.)
De Jean-Philippe Peyraud et Philippe Djian, Futuropolis

 

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Earl & Mooch — Tome 5, Enfin libre !, de Patrick McDonnel

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De tout temps le principe du strip a su inspirer les auteurs les plus talentueux. Quand il crée la série Mutts en septembre 1994, Patrick McDonnell s’inscrit dans la plus pure tradition. Il donne des traits au chien Earl et au chat Mooch que ne renieraient aucunement les auteurs historiques des années 50. Mais loin de tout passéisme, cet auteur du New Jersey explore des formes narratives modernes autour des saynètes domestiques qu’il développe avec une tendresse infinie pour ses deux personnages. Dans ce tome 5 entièrement inédit en France, la dimension absurde qu’on sent déjà présente dans les premiers volumes gagne du terrain pour toucher parfois au non-sens absolu. C’est sans doute lié à la fréquence de publication quotidienne qui nécessite de coucher sur le papier des impressions immédiates. Il en résulte des instants de liberté poétique tout à fait inattendus. (E.A.)
De Patrick McDonnell, Les Humanoïdes Associés


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