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Le Pavé Originel, de Nicolas Wintz et Adam Pianko

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Belle rencontre entre le dessinateur strasbourgeois Nicolas Wintz et l’auteur Adam Pianko dont il s’est agi d’adapter le roman Le Pavé Originel : à la veille de 68, Samuel, lycéen d’origine juive polonaise, se sent en harmonie avec l’air du temps révolutionnaire et ce, malgré son statut de “fils à papa”. Il rêve notamment d’une sexualité débridée, parasitée en cela par les fantômes de pieux aïeux… Au travers du graphisme simple et élégant de Wintz, l’ouvrage offre une reconstitution palpable de 68, en restitue l’esprit dans toutes ses contradictions, au-delà des particularismes religieux évoqués avec un humour et un décalage bienvenus. (O.B.)

De Nicolas Wintz et Adam Pianko, Delcourt

Chronique parue dans Novo #4

 

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La Colline aux Mille Croix, de Christian Perrissin et Déborah Renault

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Les talents de dessinateur de Christian Perrissin, le très inspiré scénariste d’El Niño et de Martha Jane Cannary, explosent dans cette terrible variation du mythe d’Antigone co-écrite avec sa compagne Déborah Renault. Ces planches au crayon gras sont tout simplement splendides, leur froideur théâtrale et leur noirceur s’accordant parfaitement au funeste destin de leur héroïne, Luce de Mirail. Cette jeune veuve papiste en quête de liberté s’oppose violemment à son austère belle-famille en préférant porter le deuil de son frère plutôt que celui de son mari. Mais dans les confins du Rouergue du XVIème siècle en proie aux guerres de religions, il n’est pas bon de défier l’ordre établi ! Un bel album dont le graphisme constitue un véritable atout. (Kim)

De Christian Perrissin et Déborah Renault, Futuropolis

 

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Jeronimus, deuxième partie, Naufrage de Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx

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Avril 1629, le Batavia croise au large du Cap de Bonne-Espérance. Profitant de la maladie du commandeur, son assistant Jeronimus exacerbe les ressentiments de l’équipage et fomente une mutinerie. Le cœur de cet homme falot est déchiré par un conflit interne : laquelle de ces deux personnalités l’emportera ? L'être plutôt insignifiant qu’il fut jusqu’à présent ou au contraire ce personnage grandiose appelé à connaître une destinée exceptionnelle ? Mais alors que Jéronimus et une poignée de marins s’apprêtent à passer à l’action, le commandeur recouvre la santé et reprend les choses en main… Après une courte attente, Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx nous livrent déjà la suite de leur époustouflant huis-clos maritime. Le scénariste fait habilement monter la pression en prenant son temps pour exposer les atermoiements de Jeronimus et la folie meurtrière de certains hommes d’équipage. La violence, suggérée ou réelle mais omniprésente dans l’album, est transcendée par la rare beauté des dessins de Jean-Denis Pendanx. Jouant habilement des couleurs pour retranscrire les humeurs des protagonistes, l’artiste nous fait prendre la pleine mesure du drame qui s’annonce. Une deuxième partie tout aussi réussie que la précédente ! (Kim)

Jeronimus, deuxième partie, Naufrage de Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx, Futuropolis

 

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Red Bridge, Tome 2, de G. Gamberini, M. et J.-F. Charles

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Suite et fin du très bon polar de Maryse et Jean-François Charles ayant pour cadre Red Bridge, une bourgade tranquille du Vermont dans l’Amérique des années 60. Sur fond de guerre du Vietnam et d’hiver précoce, un mystérieux tueur élimine un à un, mais avec patience et raffinement, les anciens élèves de la 6ème terminale. Les indices montrent même qu’il connaissait intimement ses victimes. La suspicion puis la panique s’installent entre les survivants, l’effrayante hécatombe continuant inexorablement. C’est alors que l’inénarrable et horripilant Aaron Willoagby, archiviste à la retraite, se lance dans l’enquête, flanqué bien sûr de son irascible chat Mister Joe. Les auteurs signent là une intrigue certes classique, et qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère des Dix petits nègres d’Agatha Christie, mais dont la fin reste surprenante. L’album vaut également le détour pour les superbes dessins à la gouache de Gabriele Gamberini dont les planches au charme envoûtant magnifient ce huis-clos étouffant. Un savoureux moment de lecture. (Kim)

Red Bridge, Tome 2, Mister Joe and Willlloagby de Gabriele Gamberini et de Maryse et Jean-François Charles, Casterman

 

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La Ballade de Hambone, de Leila Marzocchi et Igort

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Blues, racisme et misère, tels sont les thèmes de ce funeste poème dont l’époustouflant travail graphique nous plonge avec violence dans le terrible quotidien des Noirs de l’Amérique des années 20. Dans la torpeur du mois de juin, les destins de deux tueurs à gage, d’un producteur  de musique, d’un talentueux guitariste noir et d’Omara, fragile beauté du sud, se croisent pour leur plus grand malheur. Une ballade sans happy end rythmée par les apparitions du croque-mort de Huzelhurst dans le comté du Mississippi. (Kim)

 

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Animal’z, de Enki Bilal

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La sortie d’un nouveau Bilal est un événement que le petit monde de la bande dessinée attend toujours avec fébrilité. Son dernier one-shot, Animal’z, ne déroge pas à la règle et va même au-delà de nos espérances, le maître nous livrant un authentique chef d’œuvre de la science fiction. Enki Bilal nous entraîne (à nouveau !) dans un futur apocalyptique où la folie des hommes a provoqué le « Coup de sang », un dérèglement climatique majeur. Dans cet enfer sans repères géographiques où l’eau potable constitue l’ultime richesse, des individus tentent de trouver le salut en ralliant d’hypothétiques Eldorados. Dans cet univers éthéré et irrémédiablement bleu se croisent ainsi des cow-boys nihilistes et des humains hybrides qui pour survivre ont combiné leur génome à celui des animaux. Ce récit captivant d’une catastrophe écologique annoncée est également une fantastique ode à la vie et à sa fabuleuse capacité d’adaptation. Une histoire magistrale, transcendée par des planches toujours aussi somptueuses : un (très) grand moment de lecture ! (Kim)
Animal’z de Enki Bilal, Casterman


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Quand souffle le vent, de Cyril Bonin et Laurent Galandon

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Chienne de vie. Que l’on soit mineur ou gitan, sous terre ou sans terre, le destin n’est pas décidé à vous dérouler le tapis rouge. Alors les vieilles rancœurs et les légendes ont la peau dure. Dans cette bourgade du Nord de la France, les tsiganes ne sont pas les bienvenus et en guise de leçon, ils sont orientés vers l’ancien cimetière, réputé hanté. Pendant ce temps, le conflit social prend de l’ampleur et les deux communautés vont se retrouver une nouvelle fois aux prises bien malgré elles, manipulées dans l’ombre par le directeur de la mine, André Mortier.
Quand Souffle Le Vent, c’est aussi une histoire d’amour entre un jeune mineur qui rêve d’exotisme, Antoine, et une belle manouche sur-protégée, Keshalya, sur qui pèse une malédiction. Et le destin s’amuse ici à croiser les existences, à emmêler les fils pour que le dénouement soit – forcément – cruel. Comme la vie. (S.R.)

Quand Souffle Le Vent, de Cyril Bonin et Laurent Galandon, Dargaud


Note sur les auteurs
Cyril Bonin a étudié aux Beaux-Arts de Dijon puis aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Le dessinateur s’est fait la main sur Fog (Casterman), puis a œuvré sur Histoire de Dora Mars (Dupuis).
Laurent Galandon baigne depuis toujours dans le fantastique. Il prend en 1996 la direction d’un cinéma d’art et d’essai à Trappes. En 2006, il scénarise L’Envolée Sauvage (Bamboo), qui a reçu plusieurs prix. On lui doit également Gemelos (Bamboo).

 

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Dimitri Bogrov, de Marion Festraëts et Benjamin Bachelier

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Opéra de Kiev, septembre1911. Dans une Russie qui n’est pas loin de sombrer dans le chaos, le jeune Dimitri Bogrov abat froidement Piotr Stolypine, le Premier ministre du tsar Nicolas II. Quelles peuvent être les obscures motivations qui ont poussé un jeune homme de bonne famille promis à une brillante carrière d’avocat à se détourner de l’avenir sans surprises tracé par les siens ? Quelle folie l’a conduit à commettre cet acte funeste et se condamner ainsi à une mort certaine ? Autant d’interrogations sur lesquelles sa petite-nièce Marion Festraëts jette un nouvel éclairage avec ce remarquable one-shot où l’histoire de la Russie se mêle brillamment aux destinées de sa propre famille. L’auteur nous plonge de manière émouvante dans l’histoire d’une passion amoureuse, celle de son aïeul pour la flamboyante Loubia, qui fume la pipe comme un vieux cosaque, lape son thé comme une chatte, aime Rachmaninov et se passionne pour les ouvrages politiques tel L'unique et sa propriété ! Loubia qui n’a ni Dieu ni maître mais qui ne rêve que d’Amérique. Loubia la bolchevik qui va hanter les nuits et les jours de Dimitri et sceller son terrible destin. Ce récit tragique, tout imprégné de l’âme slave et héritier des œuvres de Tolstoï et de Dostoïevski, est transcendé par l’incroyable travail graphique de Benjamin Bachelier. Ses planches aux tonalités pastelles et délavées dans les appartements cossus de la famille Bogrov, flamboyantes pour les réunions politiques clandestines, et sa maîtrise des expressions des visages restituent pleinement les tourments des différents protagonistes. La collection Bayou démarre décidément l’année 2009 avec un très grand album ! (Kim)
De Marion Festraëts et Benjamin Bachelier, Collection

 

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Ma vie mal dessinée, de Gipi

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Après Notes pour une histoire de guerre, l'érudit rock Gipi relate sa jeunesse sans retenue, d'un trait libre, rapide et vacillant. Dans Ma Vie mal dessinée, il révèle une sincérité vive et l'éclosion d'une sensibilité à fleur de peau. Les mots s'agglutinent en pagaille autour de cases sans limites comme si les peurs, les souffrances, les maladies, les inhibitions et les conneries de l'adolescence trouvaient là un exécutoire devenu vital. Ponctués par le songe coloré de pirates imaginaires, les souvenirs noirs et blancs de l'auteur nous ramènent à l'admiration complexe (et réciproque) qu'il portait à Alberto, garçon pauvre et plus fortiche que lui. La subtile restitution de ces moments de pudeur empêche toute tentative de prendre le titre de ce livre au premier degré. (O.B.)

De Gipi, Futuropolis

 

Une chronique publiée dans Zut #1

 

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La Rue des autres, de Violaine Leroy

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Les Québécois de la Pastèque publient la première bande dessinée de l’illustratrice strasbourgeoise Violaine Leroy. Avec son trait fin et ses histoires ancrées dans le quotidien, on imagine aisément ce qui a pu séduire l’éditeur de Michel Rabagliati (la série des Paul) dans ce livre. Dans ce récit en bichromie bleue, Sacha, jeune libraire, découvre l’histoire des gens de son quartier à travers les discours fantaisistes d’un clochard. Rien de révolutionnaire ou de capital ici mais une simplicité qui pourrait répondre, dans une certaine mesure, au moralisme du Boboland de Dupuy et Berberian. (F.T.)
De Violaine Leroy, La Pastèque

 

Une chronique publiée dans Zut ! #1

 

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