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Transat, d’Aude Picault

Aude, jeune graphiste parisienne est lasse de la routine métro-boulot-dodo. Saturée de sa petite vie urbaine, elle tourne en rond, étouffe, broie du noir et montre un ras le bol de tout. Elle ne ressent plus que la superficialité du quotidien, du travail et des amies.

L’impression d'être sur des rails sans avoir trouvé un sens à sa vie la tétanise, alors elle murit un projet et va décider de tout plaquer en prenant le large pour traverser l'atlantique à la voile. Un défi qu'elle veut réaliser pour se dépasser et ouvrir son horizon devenu trop étroit, pour se prouver qu'elle peut faire autre chose. Cette aventure va-t-elle la réconcilier avec elle-même ?

Transat est le journal de bord, le carnet de voyage de cette quête de vérité sur le sens qu’elle cherche à redonner à son quotidien. L’histoire navigue entre impressions touchantes, banales futilités et humour attendrissant.

Le livre transpire l’angoisse de son auteure, celle qui nous étreint tous à un moment donné de notre existence, avec plus ou moins de force et de persistance. Celle de rater sa vie, de passer à côté d’une opportunité.

Beaucoup de personnes se reconnaitront dans ce personnage de jeune femme qui voudrait vivre une vie plus excitante que le simple train-train d'une vie un peu futile.

Alors, si l’on manque d’audace pour oser s’offrir une parenthèse de quelques semaines, cette BD remplit la mission, et pour quelques heures de lecture, on prend cet immense bol d’air frais iodé comme si on était à ses côtés.

Le trait d'Aude Picault est expressif et efficace dans la narration. En un simple coup de crayon, elle décrit une ambiance, une humeur, une anecdote. Et on se régale à suivre par le dessin le cheminement de ce petit bout de femme qui, assaillie de doutes et d’envies, cherche surtout à ne pas subir sa vie.

Et ce périple personnel nous apporte quelques réflexions à méditer, comme quand l’un des personnages fournit cette réponse: "Tu ne peux pas rater ou réussir ta vie, tu ne peux que la vivre...".

Par Antoine Fileppi

Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh

« Mon amour, quand tu liras ces lignes, j'aurai quitté ce monde.». Dès la première page on sait que l'issue est tragique. Les confessions du journal intime de Clémentine vont alors mettre en lumière cette histoire d'amour intense qui se teinte de bleu.

David les femmes et la mort, de Judith Vanistendael

David, vient d’être grand-père lorsqu’il apprend qu'il a un cancer. Cet homme silencieux va affronter la maladie entouré des femmes de sa vie, Miriam sa fille ainée née d'une première union, Paula sa jeune épouse, et Tamar leur petite fille. Sur ces femmes repose le récit d'une fin de vie qui se profile et à laquelle, malgré leur impuissance, elles vont pourtant donner, chacune à leur manière, une dimension lumineuse.

Une histoire tragique magnifiquement illustrée par le dessin et la mise en page qui s’adapte sans cesse aux émotions et au contexte pour les restituer avec force.

Palette de couleurs ou noir et blanc, petites cases ou larges illustrations, avec contours ou sans, aquarelle ou crayon, traits nets ou fondus …une grande diversité graphique dont l’homogénéité fait tout un style.

L’auteur joue avec nos émotions à travers ce dessin porteur de l’histoire beaucoup plus que les dialogues.

Le ton donné à la narration remplie de pudeur et de douceur évite le côté pathétique d’un mélodrame. Les ruptures de rythme et les parenthèses rêvées mêlent parfaitement la vie et la mort, la joie et la peine, les enfants et les adultes, celui qui part et ceux qui restent.

Le tout en fait un récit chaleureux émotionnellement marquant qui oscille entre dure réalité et poésie.

Par Antoine Fileppi

Mars aller-retour, de Wazem

Saluons le retour de Pierre Wazem à la bande dessinée après sept ans d'absence : Mars aller-retour est un récit autobiographique sans concession où l'auteur décortique les causes de sa panne créatrice : tout y passe, l'argent, les femmes, la flemme, les chats, les collègues, sa mère, son père. Puis, acculé à son talent de raconteur, il se réveille brusquement pour un voyage onirique entre l'enfance et la planète Mars ! Dès lors la fiction prend le pas sur la réalité et nous embarque avec elle. Fascinant. (O. B)

Mars aller-retour, de Pierre Wazem - Futuropolis

Le Château des ruisseaux, de F. Poincelet & V. Bernière

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Frédéric Poincelet, dessinateur accompli, est une référence pour de nombreux auteurs tel Blutch qui nous confiait encore récemment son admiration pour lui.
Son dernier ouvrage met en valeur une démarche artistique exigeante, un travail avancé sur les expressions des corps et des visages. Au travers de ce "docu-fiction", Le Château des ruisseaux, il apparaît plus que jamais vertueux.
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L'histoire du personnage central, Gilles, est un peu celle du journaliste écrivain Vincent Bernière qui scénarise l'album. Toxico qui rechute sans cesse, Gilles tente son va-tout en intégrant le Château, haut lieu de désintox à la campagne, sorte de "Junkie Academy" loin des paillettes qui mise sur la parole et l'influence du groupe. Là, pour se sortir de la drogue, chaque pensionnaire se raconte selon la méthode américaine préconisée, avec un sens acéré du langage soumis à l'épreuve des regards.
Les récit sont violents, les dialogues crus et tranchants comme des scalpels. Le dessin saisi le temps d'énonciation au travers d'une large palette d'attitudes et de comportements confinés au huis clos. L'ensemble construit un témoignage visuel d'une force peu commune sur les cruautés de ces vies dirigées, contaminées et détruites par l'addiction à la drogue. Par la justesse de son ambition artistique, l'album délivre ainsi un message philanthrope, salubre et persistant dans les mémoires. (O. B.)

Le Château des ruisseaux, de Frédéric Poincelet et Vincent Bernière - Dupuis Collection AIRE LIBRE

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Etoile Rouge, Burgeas et Toulhoat

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Nous sommes ici dans une histoire parallèle à Block109, l’incontournable one shot de l’année dernière, qui relate l’assassinat d’Hitler et la domination allemande des années qui suivront. Dans Etoile Rouge, l’armée russe résiste tant bien que mal à la Luftwaffe, l’armée de l’air nazie. Les Soviétiques, dans des avions rudimentaires, doivent contrer les offensives des appareils dernier cri du camp d’en face. Dans leurs rangs, une poignée de pilotes français, pas forcément très motivés à se battre, mais qui font preuve d’un courage et d’une habilité hors norme, ce qui leur vaut d’être épargnés par leurs supérieurs russes, malgré quelques frasques. Le graphisme est époustouflant, les personnages attachants, et l’on referme cette BD avec un peu de tristesse. Un peu à cause de la fin de l’histoire. Et aussi parce qu’on aurait aimé que ça dure plus longtemps.( S.R.)

Etoile Rouge, de Burgeas et Toulhoat – Akileos

www.akileos.com

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Mono & Lobo, de Lola Morel et Sergio Garcia

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Livre ou poster ? La question mérite d’être posée : forme nouvelle en tout cas, pour un récit d’un genre tout à fait inédit. Lobo, le grand loup sensible et affectueux, Mono, le garçonnet tendre et facétieux, évoluent tous deux dans des espaces narratifs indéterminés qui se découvrent au fur et à mesure à l’ouverture de ces grandes pages qui nous rappellent la fascination qu’exerçaient nos pop-ups d’antan. La simultanéité des actions vécues de bas en haut, de la droite vers la gauche, ou en diagonale, crée une poésie graphique pleine d’émotion et de rebondissements que les enfants sauront apprécier, tout comme leurs parents. (E.A.)

Mono & Lobo, de Lola Morel - Delcourt

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Sophia libère Paris, de Capucine

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Aventure, sexe et baston sont au programme de Sophia libère Paris. Petite sœur de Barbarella dans sa version 1870, Sophia doit libérer la capitale en train de tomber aux mains des Prussiens. Dans un monde peuplé de femmes aussi agiles pour la castagne que friandes de bière de topinambour, Sophia, flanquée de Rima, sa comparse très jalouse, se retrouve au gré de ses péripéties toujours un sein fâcheusement à l'air. De continents en continents, de jupons en jupons, la donzelle sait donc joindre l'utile à l'agréable, pour le plus grand plaisir du lecteur. (O.B.)

Sophia libère Paris, de Capucine - Dupuis

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Le casse de Duval, de Quer et Basset

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7 juin 1977, une date que Mike, capitaine de la brigade fluviale de Londres, n’est pas prêt d’oublier ! Souffrant le martyre en raison d’une hernie discale, ce fan inconditionnel d’Elvis doit garder un œil sur Johnny Rotten et sa bande de “dégénérés”. À l’occasion du Jubilée de la Reine, les Sex Pistols comptent hurler leur haine lors d’un concert sur la Tamise : des mutins qu’il rêverait de pendre haut et court comme au bon vieux temps du Bounty ! En plaçant leur intrigue dans le contexte historique d’un pays en pleine crise sociale, les auteurs nous régalent avec ce one-shot qui rend hommage à l’esthétique punk et à la Grande Escroquerie du rock’n’roll… (Kim)

Le casse de Duval, de Quer et Basset - Delcourt

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