FLUX4 RADIO - la radio offshore

"Un loup à la maison", Sébastien Pelon & Mim

unloupalamaison

Une nouvelle version du conte "Le loup et les sept chevreaux", mais cette fois-ci, les rôles sont inversés ! C'est un loup totalement inoffensif qui va apporter un nouveau souffle au sein de cette famille, calme et rangée ...

Madame Bê est une fée du logis et une mère exemplaire : sa maison est impeccable, aucune feuille ne traîne dans son jardin et ses enfants sont bien élevés.
Et, quand madame Bê va au marché, les biquets sont bien au courant : ils ne doivent ouvrir à personne ! Mais voilà qu'un vieux loup malade frappe à la porte...

Un trés bel album qui incite à la réflexion sur l'étranger, la richesse que l’on acquiert au contacts des autres, l’altruisme mais aussi la mort.Une histoire d'amitié avec tous les bonheurs qu'elle engendre.
Les illustrations de Sébastien Pelon sont un brin rétro d’un style années 1930-1940, truffées de quelques détails comme Papilou qui lit "Loubération"...

De quoi re-dorer l'image des grands “méchants” loups !

Un loup à la maison, Sébastien Pelon & Mim, Milan Éditions. (SD)

unloupalamaison2

Arcade Fire, The Suburbs


flux4disc_arcadefire_cover

La magie noire d’Arcade Fire opère toujours, mais elle est reléguée au second plan dans The Suburbs. Ce troisième album est plus accessible et s’inscrit dans un registre pop-rock moins sombre et envoutant que sur Funeral et Neon Bible. Heureusement, le groupe québécois mené par le couple Win Butler et Régine Chassagne reste un formidable orchestre qui offre une puissance sonore rare à ses morceaux.

Le premier single, The Suburbs, commence joyeusement à la façon de Thomas Fersen avant que ne s’élève le son du violon. Ce dernier nous rattache aux racines d’Arcade Fire. Vous l’aurez compris : ce n’est pas No Cars Go, une chanson emblématique – figurant sur le premier EP du groupe avant d'être repris en 2007 – qui envoyait une décharge de frissons, glaciale et paralysante, mais on en reste proche.

S'inscrivant une dynamique plus positive et énergique (Ready To Start, Empty Room, Month Of May), ce groupe décidément majeur nous apporte une nouvelle fois son lot d'émotions. (N.B.)
The Suburbs - Barclay

flux4disc_arcadefire_band

The Coral, Butterfly House

flux4_thecoral

Dans le Liverpool des Beatles, les cinq membres de The Coral sont encore ceux qui représentent le mieux la pop anglaise des années 60. Très actifs, ils sortent cinq albums entre 2002 et 2007. Butterfly House, le sixième donc, est le plus abouti de tous. La bande à James Skelly a travaillé avec John Leckie, producteur anglais connu pour ses contributions avec John Lennon, Paul Mc Cartney, Pink Floyd et plus récemment, The Verve et Radiohead. Résultat : un rock mélodique et des chants qui sentent bon la route du soleil. Un chemin agréable, long de douze titres où l’on croise quelques bons souvenirs tels que les Beach Boys ou les Walker Brothers. (N.B.)
Butterfly House – Cooperative / PIAS

flux4_thecoral_band

Happy, de Naoki Urasawa

flux4bd_happy_carr

Naoki Urasawa aime le sport (son premier manga traitait de judo), et il aime les histoires compliquées, à plusieurs tiroirs. Dans Happy !, il se penche sur le cas d’une jeune prodige du tennis, Miyuki Umino, qui a dû mettre un terme à sa « carrière » pour s’occuper de ses trois petits frères et sœur. Le grand frère est lui tombé dans des affaires un peu louches, et des Yakuzas viennent réclamer à Umino la dette de 250 millions de yens qu’il a contractée. Sans le sou, employée d’un supermarché, la jeune femme va se voir proposer de tapiner pour leur compte… Evidemment, elle refuse et son seul moyen de gagner suffisamment d’argent, c’est de reprendre ses raquettes et tenter de devenir joueuse de tennis professionnelle. L’un des yakuzas, qui a manqué de peu une carrière de footballeur, va se prendre de sympathie pour elle et la soutenir.

Naoki Urasawa, sur fond de sport, nous livre encore une fois une intrigue soignée, avec de multiples personnages complexes et motivés par leurs propres ressorts. On se prend évidemment de sympathie pour cette jeune fille pleine d’entrain et d’abnégation et pour sa jeune fratrie. Des garnements qui prouvent qu’Urasawa peut aussi se montrer délicat et drôle quand il en a besoin. Encore un grand moment de lecture et une série qui promet. Vite, la suite ! (S.R.)

Happy ! chez Panini Mangas,
2 tomes parus en France (15 au total).

flux4bd_happy

Walter le loup, de Munuera

flux4bd_thumb_walter-le-lou

Un nouveau Munuera, c'est forcément un petit événement. Le dessinateur au style si précis et reconnaissable entre mille s'offre une aventure en solo avec Walter le loup, lui qui a plutôt pour habitude de mettre en images le scénario des autres. Graphiquement, on s'y retrouve, Munuera joue avec les personnages, leurs attitudes, comme il sait si habilement le faire. Malheureusement, l'histoire a un peu de mal à se remettre d'une sérieuse impression de déjà-vu, en droite ligne de Beep-Beep et le Coyotte.

Ici, Fairbanks le renard mort de faim n'a qu'une idée en tête : piquer la bouffe de Walter, le loup un peu simplet. Il va mettre toute son ingéniosité en œuvre pour attraper une soupe, du poisson, un sandwich, et bien sûr, ça rate à chaque fois. Mais contrairement à l'œuvre gigantesque de Chuck Jones, on a du mal ici à avoir de la sympathie pour ce renard imbu de sa personne et ses plans pas assez foireux pour être vraiment drôle. Ce Walter le loup promettait beaucoup, mais les promesses n'engagent que ceux qui y croient. S.R.

Walter le loup - Une faim de Renard, chez Dargaud

flux4bd_walter_le_loup

Pluto, de Naoki Urasawa

flux4bd_pluto_kana_carr

Naoki Urasawa est déjà entré dans la légende du manga et de la BD après les fantastiques Monster et 20th Century Boys (adapté au cinéma), et le voilà qui entre de plain-pied au panthéon en s’attaquant à un classique du genre, le Astro Boy d’Osamu Tezuka. Pluto, c’est le dérivé de Pluton, le Dieu de la Guerre dans la mythologie grecque. Ici, des scientifiques du monde entier ont créé des robots hyper-perfectionnés dans le but de garantir la paix, tellement parfait qu’ils parviennent même à ressentir des émotions. Qui dit émotion dit aussi haine ou esprit de vengeance. La cohabitation homme / robots a jusqu’ici été courtoise, mais la guerre de Perse va tout changer. Les robots les plus forts sont exterminés les uns après les autres par un être mystérieux et l’enquête est confiée à Gesicht, un flic-robot, peut-être le plus fort de tous.

Urasawa, dans son style si caractéristique, donne une nouvelle ampleur et une nouvelle lecture à l’Astro Boy originel, en y apportant une certaine profondeur malgré un respect assez formel du scénario. Le style Tezuka était un peu plus naïf, un peu plus drôle aussi. Urasawa, lui, mise sur la tension, le suspense, le côté obscur de ses personnages. Comme d’habitude, cela fonctionne. Comme d’habitude, c’est génial. (S.R.)

Pluto, éditions Kana, 4 tomes publiés en France
(8 tomes en tout)

flux4bd_pluto_kana

Le Consortium, l'autre réalité de l'art

novo_hsart_consortium_thumb

Il est de ces croisements étranges.... Tandis que s'inaugure le Centre Pompidou-Metz, le centre d'art le Consortium verra en 2011 l'ouverture de l'Usine. Un bâtiment industriel agrandi, remodelé, et dont l'apparition promet de modifier en profondeur l'équilibre culturel dijonnais actuel. L'occasion d'une rencontre avec Xavier Douroux, co-directeur du Consortium aux côtés de Franck Gautherot et Éric Troncy.


Lire la suite : Le Consortium, l'autre réalité de l'art

Abd Al Malik, la banlieue d’objet à sujet

flux4itx_abd-al-malik

Pour son deuxième ouvrage, Abd Al Malik nous replonge au cœur de la cité avec La Guerre des banlieues n'aura pas lieu. Entre optimisme et inquiétudes, rencontre à Strasbourg, la ville où le rappeur devenu écrivain a passé son enfance.

Après Qu’Allah bénisse la France, qui avait une vocation véritablement autobiographique, tu enchaînes avec un ouvrage dans lequel tu abordes les choses du point de vue de la fiction. Naturellement, cette dimension fictionnelle tu l’abordais déjà dans tes textes de chanson, mais était-ce si aisé sur un volume plus conséquent de 180 pages ?
Etrangement, ça a été plus simple que pour des chansons, car je n’avais pas besoin de me réprimer, de travailler à la concision, même s’il y avait l’idée de faire un livre qui puisse se lire rapidement et aller à l’essentiel. A chaque fois que j’écris, je mets un post-it avec une thématique méthodologique. Là c’était aller à l’essentiel, éviter les longues descriptions. Il y avait aussi cette idée de casser la linéarité. Des fois, quand je fais des textes, j’ai envie de dire plus de choses, mais dans un morceau de 2, 3 minutes, il faut pouvoir dire le maximum tout de suite, et on est aussi guidé par la musique. Des fois on sort des trucs, c’est la musique qui nous les amène directement. L’exercice littéraire est plaisant, ça prend plus de temps, mais finalement c’est assez naturel.

Ce qui fait le lien avec le premier ouvrage, ce sont aussi ces instants documentaires avec lesquels tu abordes l’évolution de la société. On retrouve des formes voisines.
Bien sûr, c’est la même personne qui écrit, ce qui fait qu’il y a une même manière de procéder, même si ce n’est pas directement dans la forme, mais dans le déroulé de la pensée qui reste identique.

Après il y a ces inserts – des notes de dictionnaire, etc. –, j’imagine qu’il y a une volonté pédagogique, mais ces notes ont également une valeur poétique.
Avec ces inserts, qui ne sont pas des vraies définitions sorties du dictionnaire, et avec les photos, ce que j’ai aimé c’est que le narrateur puisse intervenir en tant qu’auteur. Tout d’un coup il devient un personnage. Il peut dire que ce qui est dit dans le dictionnaire n’est pas suffisant. Pour moi, c’était hyper poétique que de pouvoir faire ça. C’était une forme de surréalisme.

Peut-on, à propos de cet ouvrage, parler d’une écriture rap comme on a parlé en son temps d’une écriture rock. J’imagine que la musicalité des mots garde ici tout son sens…
Plus qu’une écriture rap, je dirais une écriture hip-hop. Le rap est inclus dans le hip-hop, alors que le hip-hop n’est pas forcément inclus dans le rap. Lorsque j’ai fait Gibraltar, il y avait cette idée de déconstruire la notion de rap tout en restant hip-hop. Dans cet ouvrage il y avait l’idée de rentrer en littérature en étant hip-hop, avec une liberté, un flow, une musicalité. D’ailleurs dans le texte d’entrée je voulais dire « voilà, on est dans du hip-hop ». Après on le retrouve, mais de façon peut-être plus subtil. Pour savoir si je garde une phrase, je me la lis de telle manière que ça doit avoir une certaine musicalité.

Tu suggères l’écoute de Sam Cooke, A change is gonna come, comme B.O. de ton ouvrage, pourquoi ce choix ?
Pour les paroles, pour la beauté du texte, du propos. Il y a en même temps de l’espoir, de la peur, une nostalgie. Il y a plein de choses qui s’enchevêtrent. Quand j’écrivais j’écoutais ça, une fois, deux fois, trois fois, et je me suis dit : « Tiens cette musique, pourquoi j’y reviens, c’est quoi le truc ? » Pour moi c’est comme lorsqu’on compose avec Bilal, on écoute un morceau et ensuite on le sample. J’ai écouté ce morceau de Sam Cooke, je l’ai écouté, réécouté et je l’ai samplé. J’en ai fait un bouquin.

Le titre La guerre des banlieues n’aura pas lieu renvoie au titre La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux. Malheureusement, la guerre de Troie a bien eu lieu. Derrière l’optimisme demeure l’inquiétude, non ?
Le constat est réaliste. Le constat c’est la réalité qu’on peut voir et vivre, le décalage entre les élites en général et la société, et précisément les banlieues. De mon point de vue, l’heure est grave ! La littérature est pour moi le dernier bastion de résistance où on peut dire des choses. Néanmoins, c’est comme si on était à un carrefour, et je me dis que c’est le moment d’amener de l’optimisme, en disant qu’il y a la possibilité de résorber ce fossé. Il y a la possibilité de faire quelque chose ensemble, pour qu’on avance ensemble. Mais, pour qu’on puisse faire quelque chose de positif, il faut vraiment regarder la vérité dans les yeux, l’assumer, l’accepter, pour pouvoir la dépasser.

Le passage, page 35 : « Finalement, la Tess, c’est comme une grosse usine nucléaire qui pourrait éclairer tout le pays si on l’utilisait à bon escient. Mais, en vrai, c’est des bombes atomiques en devenir qu’on laisse à l’abandon. » Comment « utiliser à bon escient » la richesse véritable des cités ?
Il y a une force de jeunesse, d’initiative, des possibilités d’innover dans plein de domaines. Finalement, c’est comme si on considérait que la banlieue, la Tess, est un territoire étranger. Il faut comprendre que la problématique des quartiers est une problématique française. Elle nous concerne tous, qu’on soit des quartiers ou pas. Là se joue quelque chose qui concerne notre présent et notre avenir à tous. Il faut prendre la mesure de ça et agir en conséquence. Pouvoir utiliser ça, c’est travailler à ce que le rapport à l’éducation soit réel, que la possibilité de faire des études soit considérée comme normale. Il ne faut pas qu’on ne se retrouve avec des animateurs sociaux ou des profs qui débutent et qui ne peuvent pas finalement faire leur travail correctement. Il faudrait mettre le paquet là-dedans, et ainsi pourraient émerger des choses incroyables, des personnes incroyables. Il faudrait pouvoir développer une élite locale, des gens qui se posent en interfaces avec les politiciens, aller plus loin que le simple animateur social. Il faut des gens qui pourraient entreprendre des choses, amener des choses dans le projet collectif de la ville, des gens issus de la cité. Mais il faudrait aussi simplement faire en sorte que les gens de la cité passent du statut d’objet à sujet.

Propos recueillis par Emmanuel Abela et Stéphanie Munier
à la Librairie Kléber, à Strasbourg, le 13 avril 2010.

La guerre des banlieues n’aura pas lieu, Le Cherche Midi

flux4itx_abd-al-malik2

Jünger / Heidegger, le quotidien de la pensée

novo_08_julienhervier_thumb

La publication de la correspondance d'Ernst Jünger et de Martin Heidegger atteste d'échanges nourris et d'une relation cordiale entre les deux hommes. Lors de sa visite à la Librairie Kléber, Julien Hervier nous a évoqué les univers langagiers de ces deux grands intellectuels.


Lire la suite : Jünger / Heidegger, le quotidien de la pensée

Max Gallo, 1940 de l’abîme à l'espérance

flux4_rencontre_maxgallo

Derrière la veulerie des personnages sinistres qui multiplient les erreurs stratégiques, Max Gallo exhume les actes d'héroïsme, longuement occultés, des combattants français qui n'ont pas souhaité se soumettre. Dans 1940, de l'abîme à l'espérance, il fait revivre ces événements qui nous paraissent déjà lointains, mais survenus il y a seulement 70 ans.

Lire la suite : Max Gallo, 1940 de l’abîme à l'espérance