FLUX4 RADIO - la radio offshore

When you're strange, de Tom Dicillo

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Loin du chef d’œuvre annoncé par le battage médiatique du printemps dernier, ce joli travail de montage présente cependant le mérite d’offrir une biographie des Doors complète et cohérente. Sur la base d’un riche matériau documentaire qu’il mêle à HMY, An American Pastoral – une vaine tentative cinématographique de Jim Morrison en 1969 –, Tom DiCillo arrive à nous raconter quelque chose de nouveau autour de l’icône déchue : au-delà du génie, au-delà de la folie, une profonde détresse artistique qui conduit à l’autodestruction. (E.A.)

De Tom Dicillo - MK2


L'aurore / City Girl, de F.W. Murnau

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L’Aurore (Sunrise, 1927) est le premier film américain du réalisateur allemand F.W. Murnau qui révèle Janet Gaynor, une jeune actrice découverte par Frank Borzage – elle tournait L’Aurore en journée et L’Heure Suprême en soirée ! Ce joyau du patrimoine cinématographique mondial constitue une forme d’apogée pour le réalisateur allemand qui bénéficiait de moyens considérables. Pour François Truffaut, était tout simplement le « plus beau film du monde ». Là – comble de bonheur –, il fait l’objet d’une première restauration HD dans deux versions différentes, avec accompagnement mono d’origine et nouvel accompagnement musical stéréo. À signaler la réédition de City Girl (1929) avec lequel L’Aurore est couplé pour constituer un magnifique coffret. (E.A.)

De F.W. Murnau - Carlotta


Nuits blanches, de Luchino Visconti

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Inspirée de Dostoïevski mais considérée comme une œuvre mineure, Nuits Blanches de Luchino Visconti reste une curiosité qui se bonifie avec le temps. Si Visconti souhaitait revenir à un film simple, hors des reconstitutions exorbitantes tel Senso qu’il venait de réaliser, il choisit néanmoins les « yeux les plus chers de l’histoire du cinéma » de l’époque (Maria Schell) pour accompagner Marcello Mastroianni. La passion brûlante au cœur de ce film est habillée des désirs stylistiques à contrepied de ceux habituellement manifestés par le cinéaste, loin du néoréalisme avec des décors et des kilomètres de tulle pour une tentative poétique qui confirme son talent indéniable. À redécouvrir. (O.B.)

De Luchino Visconti - Carlotta


L'éventail de Lady Windermere, d'Ernst Lubitsch

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L’Éventail de Lady Windermere adapté d’Oscar Wilde par Ernst Lubitsch en 1925 laisse la parole à la suprématie de l’image si bien que le spectateur oublie qu’il est face à un film muet. Captivante, la manière dont le cinéaste grime la société bourgeoise avec des codes qui posent la « Lubitsch touch » millimétrée, drôle, cynique, et révèlent toute l’élégance du cinéaste dans le choix des costumes et des lieux. Plus encore que May McAvoy (Lady Windermere), c’est la brillante Irène Rich qui est en lumière ici pour le rôle de l’enjôleuse perturbatrice, à la fois sophistiquée et fébrile. Une ode magnifique à l'indépendance des femmes ! (O.B.)

D'Ernst Lubitsch - Éditions Montparnasse


Mono & Lobo, de Lola Morel et Sergio Garcia

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Livre ou poster ? La question mérite d’être posée : forme nouvelle en tout cas, pour un récit d’un genre tout à fait inédit. Lobo, le grand loup sensible et affectueux, Mono, le garçonnet tendre et facétieux, évoluent tous deux dans des espaces narratifs indéterminés qui se découvrent au fur et à mesure à l’ouverture de ces grandes pages qui nous rappellent la fascination qu’exerçaient nos pop-ups d’antan. La simultanéité des actions vécues de bas en haut, de la droite vers la gauche, ou en diagonale, crée une poésie graphique pleine d’émotion et de rebondissements que les enfants sauront apprécier, tout comme leurs parents. (E.A.)

Mono & Lobo, de Lola Morel - Delcourt

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Sophia libère Paris, de Capucine

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Aventure, sexe et baston sont au programme de Sophia libère Paris. Petite sœur de Barbarella dans sa version 1870, Sophia doit libérer la capitale en train de tomber aux mains des Prussiens. Dans un monde peuplé de femmes aussi agiles pour la castagne que friandes de bière de topinambour, Sophia, flanquée de Rima, sa comparse très jalouse, se retrouve au gré de ses péripéties toujours un sein fâcheusement à l'air. De continents en continents, de jupons en jupons, la donzelle sait donc joindre l'utile à l'agréable, pour le plus grand plaisir du lecteur. (O.B.)

Sophia libère Paris, de Capucine - Dupuis

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Le casse de Duval, de Quer et Basset

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7 juin 1977, une date que Mike, capitaine de la brigade fluviale de Londres, n’est pas prêt d’oublier ! Souffrant le martyre en raison d’une hernie discale, ce fan inconditionnel d’Elvis doit garder un œil sur Johnny Rotten et sa bande de “dégénérés”. À l’occasion du Jubilée de la Reine, les Sex Pistols comptent hurler leur haine lors d’un concert sur la Tamise : des mutins qu’il rêverait de pendre haut et court comme au bon vieux temps du Bounty ! En plaçant leur intrigue dans le contexte historique d’un pays en pleine crise sociale, les auteurs nous régalent avec ce one-shot qui rend hommage à l’esthétique punk et à la Grande Escroquerie du rock’n’roll… (Kim)

Le casse de Duval, de Quer et Basset - Delcourt

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Fais péter les basses Bruno, de Baru

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Baru qui s’apprête à revêtir les habits de Président du festival d'Angoulême produit Fais péter les basses Bruno à la façon d'un remake des Tontons flingueurs d’aujourd’hui. Les coulisses et l'organisation d'un casse par ces grands-pères, si plaisantes soient-elles ne constituent au fond pour Baru qu’un prétexte à prolonger son discours militant sur la situation sociale contemporaine. Pêle-mêle, il évoque la réalité du prolétariat, des sans-papiers, l'acculturation des individus et l'exploitation des plus faibles par les nantis. Son trait souple et direct du plus haut niveau, permet à cet opus de se ranger naturellement parmi les meilleurs de son auteur. (O.B.)

Fais péter les basses Bruno, de Baru - Futuropolis

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Arzak l'arpenteur, de Moebius - Glénat

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En parallèle d'une exposition qui lui est consacrée à la Fondation Cartier jusqu'au 13 mars 2011, Jean Giraud alias Moebius ressuscite Arzak. Devenu emblématique de son univers, ce personnage créé dans les années 70 a inspiré de nombreux auteurs américains qui y voyaient l’aboutissement d’une esthétique à forte charge émotionnelle – le personnage de Tara dans le film Heavy Metal n’était autre que la transposition féminine de notre discret arpenteur. Avec cette nouvelle série en trois tomes, l’artiste libère la parole de cette figure mythique et continue de produire du rêve à chaque case en dépit d'un scénario quasi improvisé, presque secondaire mais non dénué d'humour. Si l'émerveillement provient évidemment du trait, le maître semble enfin réconcilié avec son double : le père de Blueberry s'applique aux décors de western pour ce mélange SF plutôt inédit. (O.B.)

Arzak l'arpenteur, de Moebius - Moebius Production

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Brian Eno, Small Craft On A Milk Sea

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Inutile de rappeler tout ce que l’on doit à Brian Eno : son passage chez Roxy Music, les disques qu’il a produit à la fin des années 70 (David Bowie, Talking Heads, la scène no wave new-yorkaise), ses enregistrements solo ont été déterminants dans les changements esthétiques de notre époque.

À la première écoute de ce nouvel album publié chez Warp, la crainte cependant d’une énième tentative ambiante de la part du maître du genre. Mais avec l’enthousiasme des pionniers, on s’aventure à explorer sous la couche de glace lactée de cette étrange planète des aspérités d’inspiration jazz, sous la forme d’improvisations tendues, comme autant de promesses. (E.A.)

Small Craft On A Milk Sea - Warp


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